Genève: 9 ans de prison pour le financier qui avait escroqué ses clients

AWP/ATS

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Ce Genevois âgé de 52 ans a «construit minutieusement et savamment un édifice de mensonges», relève le Tribunal correctionnel. Le préjudice est estimé à plus de 15 millions de francs.

Le Tribunal correctionnel de Genève a condamné vendredi à neuf ans de prison le financier qui avait dilapidé l’argent de ses clients en mettant en place un système de Ponzi. L’homme est reconnu coupable d’escroquerie par métier et de blanchiment d’argent.

Ce Genevois âgé de 52 ans a «construit minutieusement et savamment un édifice de mensonges», a relevé le Tribunal correctionnel. Ces mensonges lui ont permis de «dépouiller une centaine de personnes de leurs économies, parfois celles de toute une vie». La faute du prévenu est «très grave» et sa «responsabilité est pleine et entière».

Les clients, qu’il trouvait parmi ses connaissances à Genève et ensuite à Paris, lui ont confié plus de 25 millions de francs, pour un préjudice estimé à plus de 15 millions de francs. Il a agi de 2013 jusqu’à son arrestation en mai 2024. Dans cette affaire hors normes, 104 personnes ont été lésées, dont 82 se sont portées parties plaignantes

Le mode opératoire s’est rapidement affiné, selon les juges. Diplômé en management international de la prestigieuse Université de Saint-Gall, l’homme promettait à ses victimes un capital garanti et un rendement de 10 à 12%. Il faisait miroiter un algorithme de trading infaillible, utilisait des newsletters trompeuses et étalait sa fortune pour gagner la confiance de ses clients.

«Comble de l’égoïsme»

Il leur faisait croire qu’il était un gestionnaire hors pair. Mais ce n’était que «chimère et illusion», selon les juges. Au final, l’homme n’a pas investi un centime et a englouti les sommes à une vitesse démesurée pour financer son train de vie luxueux. Avec son épouse, il fréquentait assidument les boutiques de luxe et les bijouteries. Pour le tribunal, c’est le «comble de l’égoïsme».

Le financier faisait signer des contrats de prêts à ses victimes pour justifier les transactions bancaires sur ses comptes personnels. Il ajoutait sur les documents des noms de notaires ou d’avocats afin de gagner la confiance des clients. Le faux dans les titres n’a toutefois pas été retenu.

L’homme utilisait aussi les fonds des nouveaux investisseurs pour verser des rendements aux précédents. Il avait ainsi mis en place un système de Ponzi. Les victimes, qui étaient des personnes pas forcément fortunées, se sont retrouvées dans des situations précaires.

Les juges ne trouvent pas de circonstances atténuantes pour cet homme, qui avait initialement tout pour bien faire. Ils retiennent tout au plus à sa décharge «la pression» que lui mettait son épouse. Elle lui en demandait toujours pour assouvir sa frénésie dépensière.

Doutant notamment du repentir sincère du financier, le Tribunal est allé au-delà des huit ans de peine privative de liberté requis par le Ministère public. Selon le Tribunal, l’homme a présenté des excuses de circonstance plutôt qu’un repentir sincère.

La défense a immédiatement annoncé faire appel. «Mon client n’a jamais minimisé», selon Eric Beaumont. L’avocat estime que la peine «dépasse la mesure» et ne tient pas compte de la rédemption de son client et de sa volonté de réparer les dommages.

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