Début du procès du financier genevois qui avait trompé ses clients

AWP/ATS

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Plus de 100 personnes ont été lésées entre 2013 et 2024 via un système de Ponzi. Le préjudice est estimé à plus de 15 millions de francs. Verdict d’ici la fin de la semaine.

Un financier accusé d’avoir dilapidé l’argent de ses clients en mettant en place un système de Ponzi comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève. L’homme âgé de 52 ans, qui finançait ainsi son train de vie luxueux, doit notamment répondre d’escroquerie par métier.

Plus de cent personnes ont été lésées et 82 sont parties plaignantes. Ces clients lui ont confié plus de 25 millions de francs, pour un préjudice estimé à plus de 15 millions de francs. Le prévenu a agi entre 2013 jusqu’à son arrestation en mai 2024.

«Avec le recul, j’ai fait du grand n’importe quoi», a indiqué ce diplômé en management international de l’Université de Saint-Gall. Interrogé par les juges, il a souligné à plusieurs reprises qu’»avec le recul», il n’avait pas d’explication rationnelle à apporter.

Il a admis les faits en lien avec l’escroquerie par métier, mais a contesté les accusations de faux dans les titres et de blanchiment d’argent. Après ses études, l’homme a travaillé dans le conseil aux entreprises avant de lancer une start-up avec des anciens de Saint-Gall. Il avait alors déjà «comme hobby un intérêt au trading».

Une fois la start-up vendue, il se lance dans le développement d’un algorithme de trading. Mais le projet n’aboutit jamais. «Je me suis entêté à tout faire seul: c’est comme ça que le fiasco a commencé», a-t-il expliqué, en soulignant d’emblée sa culpabilité et ses remords. Certaines de ses victimes ont perdu les économies d’une vie, d’autres lui avaient confié une part d’héritage ou le produit de la vente d’un bien immobilier.

Des fourrures

Le Ministère public décrit un système bien rodé. Le financier, qui trouvait des clients parmi son cercle d’amis et ses connaissances, leur faisait miroiter un rendement annuel de 10 à 12%, grâce à son «logiciel infaillible». Mais au final, il utilisait l’argent qui lui était confié pour financer son train de vie luxueux ainsi que les dépenses somptuaires de son épouse.

Les juges ont notamment cité un million de francs dépensé chez un créateur de haute couture ou encore un demi-million pour des fourrures. Le couple, qui affichait ostensiblement son train de vie fastueux, fréquentait aussi assidument les bijouteries.

«En laissant faire, je me suis rendu coupable de cette folie dépensière», a-t-il relevé. Et les dépenses ont encore pris l’ascenseur à la naissance des deux enfants en 2021 et 2023, avec l’engagement de nounous et du shopping encore plus intensif.

Contrats de prêts

Le financier faisait signer des contrats de prêts à ses victimes pour justifier les transactions bancaires sur ses comptes personnels. Il ajoutait sur les documents des noms de notaires ou d’avocats, à leur insu, afin de gagner la confiance des clients. Il leur soumettait aussi des faux rapports de performance.

L’homme utilisait aussi les fonds des nouveaux investisseurs pour verser des rendements aux précédents. Il avait ainsi mis en place un système de Ponzi.

«J’en étais conscient», a-t-il expliqué devant le Tribunal. Mais il croyait «dur comme fer» à son projet d’algorithme. Pourtant, «plus le temps passait, plus je me rendais compte que j’allais droit dans le mur», a-t-il expliqué. C’est finalement son arrestation en mai 2024 qui a mis fin à cette spirale infernale. Le verdict est attendu d’ici la fin de la semaine.

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