La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a ouvert mardi une réunion sur les taux directeurs sous l’égide de son nouveau président, Kevin Warsh, dont Donald Trump attend des taux plus bas malgré le dérapage de l’inflation.
L’événement, à huis clos, s’achèvera comme de coutume mercredi. La Réserve fédérale annoncera sa décision à 14H00, heure locale (18H00 en Suisse).
Kevin Warsh donnera ensuite, à 18H30 GMT, sa première conférence de presse en tant que patron de la plus influente banque centrale au monde.
Aucun suspense n’entoure la politique monétaire en elle-même: un statu quo sur les taux est attendu, le quatrième de suite: ils sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre.
Il est même possible que la décision soit prise à l’unanimité des douze votants, ce qui n’est pas arrivé depuis un an.
Les premiers pas de M. Warsh seront observés de près.
«Les investisseurs veulent avant tout savoir comment il se positionnera», explique à l’AFP Steve Sosnick, analyste à Interactive Brokers.
«Le marché essaie de comprendre s’il est un faucon ou une colombe, ou pire, un faucon déguisé en colombe», ajoute-t-il.
L’analyste utilise le vocabulaire du monde des banques centrales où les «faucons» sont focalisés sur la lutte contre l’inflation et plus enclins à relever les taux, et les «colombes» davantage promptes à soutenir la croissance via des taux bas.
«Les gens se demandent comment il va faire pour gérer les attentes très claires du président (Trump), qui le veut colombe», poursuit Steve Sosnick.
Le chef de l’État américain réclame une détente monétaire pour réduire les coûts d’emprunt et stimuler l’activité.
Son souhait semblait réalisable en tout début d’année, au moment de la désignation de Kevin Warsh. L’inflation ralentissait et le marché du travail, morose, donnait l’impression d’avoir besoin d’un coup de pouce.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des coûts de l’énergie qui a suivi ont changé la donne en provoquant une nouvelle vague inflationniste aux États-Unis.
La Fed a pour mission de contenir la hausse des prix autour de 2%, un objectif manqué depuis plus de cinq ans.
Les investisseurs s’attendent à ce qu’elle durcisse sa politique monétaire en fin d’année pour refroidir l’inflation, selon l’outil de veille CME FedWatch.
La Banque centrale européenne (BCE) et celle du Japon viennent de le faire. Leurs taux restent toutefois nettement plus bas que ceux de la Fed.