La Suisse au-dessus de la moyenne mondiale pour l’intégration de l’expertise IA

Communiqué, MSCI

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Une étude internationale révèle que 23% des grandes entreprises suisses disposent d’un expert IA au conseil d’administration, mais seules 13% ont véritablement intégré cette expertise dans leur gouvernance.

Alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, une nouvelle étude internationale menée par le MSCI Institute met en lumière un défi croissant pour les conseils d’administration: transformer l’expertise technique en véritable capacité de supervision.

Intitulé «AI Governance: From Director Expertise to Board Effectiveness», le rapport analyse plus de 14'500 administrateurs au sein de 1120 sociétés cotées des marchés développés entre 2021 et 2025. Son principal constat est sans appel: si les entreprises recrutent de plus en plus d’experts en intelligence artificielle, peu parviennent à intégrer efficacement ces compétences dans leurs mécanismes de gouvernance.

À l’échelle mondiale, la proportion d’entreprises disposant d’au moins un administrateur expert en IA est passée de 15% à 25% en moins de quatre ans. Pourtant, seules 14% des sociétés étudiées disposent d’un conseil d’administration ayant effectivement intégré cette expertise dans son fonctionnement et sa supervision stratégique.

La Suisse au-dessus de la moyenne mondiale pour l’intégration de l’expertise IA

Parmi les 31 entreprises suisses présentes dans l’indice MSCI World pendant la période étudiée, sept sociétés (23%) comptaient au moins un expert en intelligence artificielle au sein de leur conseil d’administration.

Plus significatif encore, quatre entreprises suisses, soit 13% de l’ensemble de l’échantillon suisse et 57% des sociétés disposant d’un expert IA, répondaient aux critères d’«intégration effective» définis par l’étude.

Ces résultats placent la Suisse dans une position relativement favorable par rapport à de nombreux marchés développés où l’expertise IA demeure souvent cantonnée à un rôle consultatif ou symbolique.

«La présence d’un expert ne garantit pas une meilleure gouvernance. Ce qui compte, c’est la capacité du conseil à mobiliser cette expertise dans ses processus décisionnels, sa gestion des risques et sa supervision stratégique», souligne l’étude.

Une expertise IA présente dans de nombreux secteurs de l’économie suisse

L’analyse révèle également que l’expertise IA n’est plus l’apanage des entreprises technologiques.

En Suisse, les sociétés disposant d’au moins un expert IA au conseil d’administration appartiennent à un large éventail de secteurs, notamment:

  • l’industrie;
  • les matériaux;
  • les technologies de l’information;
  • la santé;
  • les services de communication;
  • les services financiers.

Cependant, seules certaines branches semblent avoir franchi une étape supplémentaire dans l’intégration de cette expertise. Les entreprises identifiées comme disposant d’une expertise IA pleinement intégrée se concentrent principalement dans les secteurs:

  • industriel;
  • technologique;
  • de la santé.

Cette tendance suggère que les secteurs les plus exposés aux transformations induites par l’intelligence artificielle sont également ceux qui avancent le plus rapidement dans l’adaptation de leurs pratiques de gouvernance.

Au-delà du recrutement: cinq conditions pour une gouvernance IA efficace

Pour évaluer la qualité de la gouvernance IA, les chercheurs ont développé un cadre d’analyse fondé sur cinq critères:

  • l’expertise technique;
  • l’indépendance de l’administrateur;
  • l’alignement des intérêts avec les actionnaires;
  • la disponibilité nécessaire à l’exercice du mandat;
  • l’influence effective au sein des organes décisionnels du conseil.

Selon les auteurs, ces cinq dimensions doivent être réunies simultanément pour qu’un expert puisse renforcer la capacité collective du conseil à superviser les enjeux liés à l’intelligence artificielle.

Les investisseurs attendent désormais des preuves de maturité Les conclusions du rapport ont été examinées par un groupe d’investisseurs institutionnels internationaux représentant plusieurs milliers de milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Leur message est clair: les marchés n’évalueront plus uniquement la présence d’experts IA dans les conseils d’administration, mais la manière dont ces compétences sont effectivement mobilisées pour encadrer les investissements, les risques et les opportunités liés à l’intelligence artificielle.

À mesure que l’IA redéfinit les modèles économiques et les avantages concurrentiels, la qualité de la gouvernance pourrait devenir un facteur déterminant de création de valeur à long terme.

 

Cliquez ici pour accéder au rapport complet (en anglais)

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