La BCE s'apprête à relever ses taux pour la première fois en juin – à quel rythme cela va-t-il se poursuivre?

Ulrike Kastens, DWS

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Perspectives sur la réunion de la BCE du 11 juin 2026.

Après que de nombreux membres de la BCE se sont déjà prononcés en faveur d'une hausse des taux en avril, la banque centrale devrait passer à l'action le 11 juin et relever le taux de dépôt de 2,0% à 2,25%. Ce sont surtout les nouvelles projections en matière de croissance et d'inflation qui devraient faire pencher la balance. En partant du principe que le prix du pétrole ne reviendra pas de sitôt à ses niveaux d'avant-guerre, les prévisions d'inflation devraient être nettement revues à la hausse, en particulier pour les années 2026 et 2027. Cela risque d'entraîner un dépassement de l'objectif d'inflation, ce qui devrait inciter la BCE à agir.

Toutefois, le contexte géopolitique reste tellement incertain qu'il ne devrait toujours pas y avoir de pré-engagement sur une orientation monétaire précise. La décision restera tributaire des données et sera prise au cas par cas, réunion après réunion.

Quoi qu'il en soit, nous parions sur le fait que la BCE n'agira pas dans la précipitation. Les anticipations d'inflation sont bien ancrées. Jusqu'à présent, seuls de faibles effets indirects de la hausse des prix de l'énergie se dessinent, comme l'a également montré le taux d'inflation pour le mois de mai. Celui-ci a grimpé à 3,2% en mai, tandis que la hausse des prix des biens de consommation est restée relativement modérée, à 0,9%. Seuls les prix des services ont augmenté de 3,5%, soit nettement plus que les mois précédents. Au cours des prochains mois, la saison des vacances devrait toutefois entraîner une nouvelle hausse des prix dans ce secteur. Nous ne prévoyons toutefois pas pour l'instant de véritables effets de second tour sous forme de hausse des salaires. L'évolution conjoncturelle reste en effet trop modérée, notamment en raison de la détérioration des conditions de financement. Dans ce contexte, nous ne prévoyons pas de décisions précipitées, mais continuons de tabler uniquement sur une hausse des taux directeurs de 50 points de base au total, pour atteindre 2,50%. La prochaine étape pourrait alors intervenir en septembre.

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