Les marchés européens basculent dans le rouge

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L’Euro Stoxx 50 recule de 0,26%, traduisant le repli de Paris (-0,45%), Francfort (-0,40%) et Milan (-0,52%). Zurich finit sur une baisse de 1,75% à 13’305,40 points.

Journée type des tendances de fond sur les marchés mondiaux: les Bourses européennes ont basculé dans le rouge à l’annonce d’un changement de ton au Moyen-Orient, alors que New York résiste mieux grâce à lIA.

L’agence de presse iranienne Tasnim a affirmé que Téhéran avait rompu le dialogue indirect avec Washington, notamment à cause de l’offensive israélienne au Liban.

L’information a douché les espoirs d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, zone de rétention de 20% de l’offre globale de pétrole, provoquant une nouvelle flambée des prix du brut.

Vers 18H00, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, remontait ainsi brutalement (+6,44%) à 96,99 dollars le baril. Encore plus forte, la hausse du WTI américain le ramenait à 93,78 dollars le baril (+7,35%)

Les effets se sont fait plus fortement sentir en Europe, où la tendance s’est renversée après une partie de la séance passée dans le vert. «Cela a complètement inversé le marché», résume Stanislas de Bailliencourt, gérant d’actifs pour le compte de la société Sycomore.

«L’Europe est la zone sensible et faible» qui subit «la plus grosse corrélation à l’évolution des matières premières», ajoute-t-il.

L’indice des 50 plus grosses capitalisations européennes Euro Stoxx 50 a reculé de 0,26%, traduisant le repli de Paris (-0,45%), Francfort (-0,40%) et Milan (-0,52%). Zurich a fini sur une perte de 1,75% à 13’305,40 points.

SAP et EasyJet au top en Europe

Sur le Vieux Continent, quelques valeurs technologiques ont tout de même enregistré des gains, comme STMicroelectonics à Paris (+0,59%) et surtout SAP (logiciel et cloud) à Francfort (+8,14%). Le secteur est celui qui résiste le mieux aux soubresauts géopolitiques.

«Les actions de SAP ont bénéficié de l’enthousiasme suscité par l’intelligence artificielle dans le domaine du cloud», résumé Andreas Lipkow pour CMC Markets.

Londres n’a pas profité de la remontée du pétrole (-0,68%), malgré les performances de Shell (+2,50%) et BP (+2,70%).

Le titre d’EasyJet s’est s’envolé de 10,03% après l’annonce par la société d’investissement américaine Castlelake qu’elle envisageait une offre de rachat de la compagnie aérienne britannique qui dénonce de son côté une approche «opportuniste».

Le Nasdaq porté par Nvidia

Le retournement était moins marqué à Wall Street, où le Nasdaq des industries technologiques continuait d’aller de l’avant vers 18H00, (+0,30%), porté par le champion mondial des capitalisations boursières Nvidia (+4,25%).

Le géant américain des microprocesseurs a dévoilé lundi un nouveau processeur pour ordinateurs portables fonctionnant sous Windows, conçu pour briser l’hégémonie de la technologie d’Intel et moderniser les appareils à l’ère de l’intelligence artificielle (IA).

Intel reculait fortement (-3,25%) tout le rival de Nvidia, AMD (-0,71%).

Le S&P 500 naviguait près de son point d’équilibre (+0,09%) alors que l’indice des valeurs traditionnelles Dow Jones semblait plus sensible à la géopolitique et aux matières premières (-0,37%).

Cela confirme «que si l’on retire la technologie de l’équation, le reste des secteurs industriels mondiaux apparaît plutôt morose», signalait Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, avant même l’ouverture de Wall Street.

Signe de la révolution industrielle en cours: au Japon, le géant des investissements dans les nouvelles technologies, SoftBank Group, est devenu lundi la première capitalisation boursière du pays, dépassant le légendaire fabricant automobile Toyota.

L’action de SoftBank, qui est l’un des principaux investisseurs de l’américain OpenAI (ChatGPT), a bondi de plus de 11% lundi à Tokyo. Son fondateur a annoncé un investissement record de 75 milliards d’euros dans des infrastructures d’intelligence artificielle en France.

Les taux d’emprunts remontent

La hausse du pétrole nourrit en Europe une boucle de rétro-actions négatives: inflation, resserrement monétaire quasi annoncé par la Banque centrale européenne (BCE) pour mi-juin, ralentissement de l’activité...

En attendant, le taux de l’emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est remonté à près de 3% GMT, contre près de 2,94% vendredi à la clôture.

Le rendement de l’emprunt français à dix ans s’établissait à 3,62%, contre près de 3,55% vendredi soir.

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