Les prix du pétrole grimpent mardi en Asie, le Brent dépassant 110 dollars, tandis que la Bourse de Tokyo s’incline, en l’absence d’issue au conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, ce qui avive le spectre d’une paralysie prolongée du détroit d’Ormuz.
Vers 06h30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en juin, référence du marché américain, grimpait de 1,61% à 97,92 dollars.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison le même mois, référence du marché mondial, gonflait de 1,71% à 110,08 dollars.
«L’anticipation dominante sur les marchés reste que les flux (de pétrole) commenceront à se normaliser au cours des mois de mai et juin (...) Mais le temps presse. Chaque jour resserre l’équilibre physique, entame les marges de sécurité et accroît le risque d’embardées plus prononcées» des cours, avertit Rebecca Babin, de CIBC Private Wealth Group, citée par Bloomberg.
Donald Trump avait annulé samedi un déplacement de sa délégation au Pakistan prévu pour négocier avec l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a imputé lundi aux Etats-Unis l’échec des pourparlers.
Mais les Etats-Unis assurent désormais examiner les dernières propositions de Téhéran pour débloquer le détroit d’Ormuz, deux mois après le déclenchement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
«Le marché est disposé à y voir un progrès, car il souhaite croire que le pire scénario peut être évité. Pourtant, la réalité physique demeure inchangée. Le trafic à travers le détroit reste, en pratique, au point mort, et les flux pétroliers demeurent entravés», constate Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Le détroit d’Ormuz, par où transitent d’ordinaire 20% du brut mondial et du GNL, fait l’objet d’un double blocus iranien et américain.
«La perspective de fermetures de puits n’est plus purement théorique: elle est sur le point de devenir réalité. Une fois que les capacités de stockage de l’Iran seront saturées et les exportations bloquées, les producteurs seront contraints de fermer leurs puits», avertit M. Innes.
«Il ne s’agit pas là d’une simple mise en pause. Les gisements pétroliers fonctionnent grâce à la pression ; lorsque celle-ci se dissipe, les réservoirs se dégradent, les infiltrations d’eau augmentent, certaines parties du système ne retrouvent jamais pleinement leur état initial (...) Plus le système reste figé longtemps, plus la capacité perdue de manière permanente est importante».
Pourtant, «le marché intègre dans les prix une réouverture comme si l’offre allait rebondir instantanément et sans heurts. En réalité, même dans le meilleur des scénarios, le redémarrage s’avérera échelonné et incomplet», avec «un resserrement structurel de l’offre» qui pourrait continuer de doper les cours, estime-t-il.
Bourses: Tokyo s’incline, la tech résiste à Séoul
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en baisse de 1,02% à 59’917,46 points. La Bourse de Sydney a lâché 0,63% et Taipei 0,24%. L’indice hongkongais Hang Seng cédait 1,08% vers 06h30 GMT.
A Séoul en revanche, l’indice Kospi a gagné 0,39%, après avoir dépassé les 6700 points pour la première fois en séance, toujours dopé par les valeurs technologiques.
Rendue frileuse par les incertitudes au Moyen-Orient, la place tokyoïte a aussi scruté mardi la politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ): l’institution a comme attendu laissé ses taux inchangés, mais elles a fortement relevé ses prévisions d’inflation et abaissé ses anticipations de croissance économique pour le pays.
Nissan bondit, perspectives revues en hausse
Le titre du constructeur automobile japonais Nissan s’est envolé de plus de 6% en début d’échanges à Tokyo, et a fini en hausse de 3,27%.
Le groupe a relevé lundi soir ses prévisions de résultats, prévoyant d’éviter ce qui aurait pu constituer sa première perte d’exploitation annuelle en cinq ans.
Nissan estime désormais avoir dégagé un bénéfice d’exploitation annuel de 50 milliards de yens (314 millions de dollars), alors que ses prévisions précédentes tablaient sur une perte de 60 milliards de yens, pour l’exercice 2025-2026. Ses résultats seront publiés le 13 mai.
Il s’agit d’une rare éclaircie pour un constructeur en pleine restructuration et qui peine à se réinventer après avoir manqué le virage vers les électriques et hybrides.