Au cours des dernières semaines, un éventuel accord commercial entre la Suisse et les Etats-Unis a fait l'objet de vives discussions. Les commentateurs ont mis en garde contre les incertitudes politiques, les rapports de force asymétriques et une dépendance croissante à l'égard d'un partenaire difficilement prévisible. On a parlé de «poker risqué», de «politique commerciale naïve» ou d'«illusion d'un partenariat fiable».
L'arrêt rendu par la Cour suprême le 20 février 2026 apporte désormais une nouvelle dimension à ce débat. La Cour conteste la légalité de certains droits de douane en vertu de l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) et renforce ainsi les principes de l'Etat de droit dans le commerce international. Cet arrêt est un signal important en faveur de la fiabilité et de la prévisibilité, deux éléments essentiels pour les industries actives à l'échelle mondiale.
Aussi positif que soit ce signal, l'incertitude en matière de politique commerciale ne disparaît pas pour autant. Le président américain peut toujours s'appuyer sur d'autres bases juridiques pour imposer des droits de douane, telles que les sections 301, 122, 338 ou 232 du droit commercial américain.
Une politique d'implantation prévoyante est nécessaire pour que l'industrie orientée vers l'exportation puisse maintenir et renforcer sa position de leader international.
Les nouveaux droits de douane de 15%, annoncés immédiatement après la décision de la Cour suprême, montrent clairement que l'administration Trump entend maintenir cet instrument de politique commerciale. Les négociations en cours avec les États-Unis en vue d'un accord qui rétablisse une plus grande sécurité juridique et une meilleure prévisibilité dans les relations bilatérales revêtent donc d'autant plus d'importance. Car tout en maintenant les droits de douane, le gouvernement américain a souligné que les accords commerciaux négociés seraient respectés.
Les critiques mettent en évidence les risques - les règles les réduisent
La Suisse mise à juste titre sur le pragmatisme. Les négociations entamées en vue d'un accord commercial bilatéral avec les Etats-Unis reflètent cette approche. Il ne s'agit pas d'idéalisme, mais d'une nécessité économique.
Pour une économie orientée vers l'exportation comme celle de la Suisse, il est essentiel de disposer de conditions-cadres fiables. Les chiffres actuels le soulignent:
Malgré un contexte mondial difficile, l'industrie chimique et pharmaceutique a réalisé en 2025 un volume d'exportations de 152,1 milliards de francs, soit une croissance de 2,2%. Le secteur a ainsi généré plus de 52% des exportations totales de la Suisse.
Les etats-Unis sont la deuxième destination d'exportation la plus importante après l'UE. En 2025, 24,1% des exportations du secteur étaient destinées au marché américain. Les exportations se sont élevées à 36,7 milliards de francs, soit une augmentation de 9,0% par rapport à l'année précédente.
Ces chiffres montrent qu'un accès libre et sans entraves au marché est d'une importance capitale pour notre industrie, fortement interconnectée au niveau international.
L'état de droit est important, mais la sécurité contractuelle est préférable
La décision de la Cour suprême est un signal important pour l'état de droit et la fiabilité dans le commerce international. Des conditions-cadres stables et prévisibles sont essentielles pour notre industrie mondialisée.
Mais les décisions judiciaires ne remplacent pas les règles contractuelles entre Etats. Un accord commercial bilatéral apporterait une sécurité juridique et une sécurité de planification supplémentaires, garantirait les investissements et renforcerait durablement les relations économiques.
Certains partenaires sont trop importants pour laisser les relations sans réglementation.
Des marchés ouverts et un site économique fort vont de pair
Outre les Etats-Unis, l'Union européenne reste le principal marché d'écoulement avec 80,3 milliards de francs. Dans l'ensemble, le secteur est étroitement lié à l'échelle mondiale, avec des marchés importants en Europe, en Asie et au-delà.
Cependant, il ne suffit pas d'avoir des marchés ouverts. Il est tout aussi essentiel que les conditions-cadres en Suisse soient compétitives. Une politique d'implantation prévoyante est nécessaire pour que l'industrie orientée vers l'exportation puisse maintenir et renforcer sa position de leader international.
La situation reste difficile
L'arrêt de la Cour suprême est un signe positif pour l'état de droit dans le commerce international. Il montre que les contrôles et contrepoids institutionnels fonctionnent. Mais c'est précisément parce que les instruments de politique commerciale peuvent continuer à être utilisés que la situation reste difficile.
C'est pourquoi des règles claires ne relèvent pas de l'idéalisme, mais constituent une nécessité économique. scienceindustries continuera à s'engager avec détermination en faveur de marchés ouverts, de relations commerciales stables et de conditions-cadres solides en Suisse.