En ce début d’année, le franc a confirmé son statut de monnaie forte tant par rapport au dollar que vis-à-vis de l’euro. Mais contrairement aux attentes, «pour la majorité des entreprises suisses interrogées, la forte baisse du dollar par rapport au franc n’a pas eu d’impact, voire a eu un effet positif», déclare Maxime Botteron, économiste auprès d’UBS, lors d’une conférence de presse sur un sondage réalisé par la grande banque auprès de 300 entreprises (40% de l’industrie), l’automne dernier, en partie après l’accord sur les droits de douane avec les Etats-Unis.
Ce résultat s’explique probablement, selon la banque, par le fait que les Etats-Unis ne constituent le principal marché d’exportation que pour une minorité d’entreprises orientées vers l’export, tandis que les sociétés importatrices profitent même d’un franc fort. Tout dépend naturellement de la structure et des besoins des entreprises.
Mais seules 11% des entreprises déclarent que les exportations vers les Etats-Unis ne sont actuellement pas (plus) rentables avec un taux de change de 0,75 à 0,79 franc. Si le taux tombait dans la fourchette de 0,70 à 0,75, près de la moitié de ces entreprises jugeraient les exportations vers les Etats-Unis non rentables.
Ni les entreprises, ni UBS ne prévoient une nouvelle baisse significative du billet vert. Pour 2026, les prévisions sont proches: UBS s’attend à un cours de 0,79 et les entreprises interrogées à 0,78 franc. Mardi, le dollar ne vaut plus que 0,765 franc.
En 2025, le dollar a davantage baissé que prévu. Les entreprises prévoyaient un cours de 0,85 franc et UBS de 0,88 alors que le billet vert a terminé l’année à 0,80.
Grandes différences sur l’euro
Sur l’euro, les entreprises interrogées sont légèrement baissières pour 2026 alors qu’UBS est haussière. Elles s’attendent à un taux de 0,91 franc, très proche du niveau actuel, alors qu’UBS prévoit un cours de 0,95 franc à la fin décembre.
Pour Maxime Botteron, la baisse du franc vis-à-vis de l’euro repose sur l’hypothèse d’une accélération de l’économie allemande en 2026, ce qui soutiendrait l’euro.
La grande banque présente également un scénario pessimiste, si la reprise attendue ne se matérialise pas et que les nombreux risques économiques et géopolitiques persistent, ce qui amènerait l’euro entre 0,88 et 0,92 franc. Dans un scénario positif, basé sur une solide reprise en Allemagne, les économistes d’UBS voient l’EUR/CHF entre 0,95 franc et 1 franc à la fin de l’année. UBS estime la valeur juste de l’euro à 0,98 franc.
Sur les taux d’intérêt, les entreprises et UBS ne prévoient pas des taux d’intérêts négatifs en Suisse. Dans la zone euro, les entreprises prévoient un recul de 50 points de base de la BCE, UBS aucun changement. Et sur les taux américains, les entreprises s’attendent à une diminution de 75 points de base et UBS de 50 points de base.
La monnaie la plus sous-évaluée
Interrogé par Allnews sur la monnaie la plus sous-évaluée du moment, Maxime Botteron estime qu’au sein du G10, il s’agit du yen japonais. «Nous n’avons pas d’estimation de juste-valeur selon la parité du pouvoir d’achat (purchasing power parity, ppp) pour toutes les paires de monnaies. Pour le USDJPY, la déviation est cependant substantielle, puisque la juste-valeur estimée pour le USDJPY est à 89 contre 154 au cours d’aujourd’hui». Un yen vaut 0,0049 franc. A l’inverse, il faut 202 yens pour un franc.