Pas de baisse des taux pour l’instant

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Il y a dix jours, la Fed a de nouveau ignoré les appels de la Maison Blanche à une baisse des taux. Point de situation.

© Keystone

 

Les données du marché du travail également publiées récemment ont miné la confiance dans la volonté des entreprises de maintenir les embauches en dépit de l’incertitude liée aux tarifs douaniers.

La croissance moyenne de l’emploi sur trois mois a chuté de 150'000 à seulement 35'000 en juillet, le plus mauvais chiffre depuis la pandémie. La croissance du PIB américain a également ralenti à 1,2% au premier semestre (contre 2,7% fin 2024).

Bien que les prochaines statistiques soient globalement moins importantes, les marchés surveilleront de près les demandes hebdomadaires d’allocations chômage pour détecter des signes d’une hausse des licenciements.

Baisse des taux en septembre?

Les récentes données confirment l’avis de la Recherche d’UBS selon lequel la Réserve fédérale américaine (Fed) reprendra ses baisses de taux en septembre, pour un assouplissement d’environ 100 points de base (pb) d’ici juin 2026.

La tendance mondiale à l’assouplissement reste inchangée. On table sur une baisse de 100 pb du taux directeur de la Banque d’Angleterre en 2026, et sur une réduction supplémentaire de la part de la Banque centrale européenne. Dans ce contexte, on privilégiera les obligations de qualité.

Négociations douanières: entre accords de principe et mesures concrètes

Beaucoup pensaient que les menaces commerciales de Trump s’atténuaient, surtout après les accords avec l’Union européenne (UE) et le Japon, et les progrès dans les discussions avec la Chine continentale.

Mais les annonces du président Trump le 1er août – notamment des taxes à l’import de 39% pour la Suisse, de 35% pour le Canada et de 20% pour Taïwan – ont ravivé les inquiétudes. La Recherche d’UBS s’attend à ce que les droits de douane américains se stabilisent autour de 15% – le niveau le plus élevé depuis les années 1930 – mais elle ne prévoit pas de récession.

En outre, les récents accords commerciaux, conclus sur de simples « poignées de main », n’empêcheront pas de nouvelles tensions lors des discussions sur leurs détails. Le président Trump a également menacé de sanctions « secondaires » les pays qui ont des liens étroits avec la Russie, ce qui pourrait impacter l’Inde et d’autres pays. Enfin, les surtaxes douanières brandies contre le Brésil suite aux poursuites contre l’ancien président Bolsonaro montrent que ces mesures peuvent servir des fins diplomatiques plus larges.

Risque de volatilité supplémentaire

Au vu de ces risques, il existe un potentiel de volatilité supplémentaire sur les marchés. Cela pourrait offrir de meilleurs points d’entrée aux investisseurs dont les allocations en actions sont inférieures à leurs objectifs stratégiques.

Sans citer d’entreprises individuelles, l’optimisme est de mise quant à l’intelligence artificielle (IA) en tant que thème d’innovation. On apprécie aussi les opportunités liées à l’espérance de vie, notamment parmi les prestataires de soins de santé qui s’attaquent à l’obésité.

Une résurgence des tensions politiques liées à la Russie reste également possible. Ainsi, on continuera de privilégier l’or comme couverture efficace contre le risque géopolitique.

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