Les marchés financiers évoluent en cette fin d’année sur une corde raide. Il y a sous une apparence de calme un ensemble croissant de vulnérabilités: évaluations tendues, pressions sur la dette et liens complexes entre les banques traditionnelles et les institutions financières non bancaires. Selon le dernier Global Financial Stability Report (GFSR) du FMI, les risques pour la stabilité financière restent élevés alors que ces risques structurels convergent dans un contexte économique de plus en plus fragile.
Vulnérabilités selon le FMI
Le FMI pointe trois vulnérabilités majeures, connectées entre elles. De nombreux actifs - en particulier sur les actions et les crédits - sont négociés bien au-dessus de leur valeur réelle. De même, de nombreuses institutions financières non bancaires, fortement endettées et interconnectées font peser le risque d’une augmentation de volatilité en cas de correction du marché. Les marchés obligataires souverains sont également sous pression en raison d’une dette élevée, de nouvelles émissions massives et du manque d’une base large d’investisseurs potentiels. Enfin, cette incertitude persistante a mis en lumière les faiblesses des marchés de capitaux en devises. Tout événement d’ampleur pourrait entraîner une hausse des coûts de financement, élargir les écarts de prix et intensifier la volatilité de ces marchés.
Retour sur le rôle des options, quelques situations particulières
Dans cet environnement, les investisseurs ont besoin de s’affranchir de stratégies d’investissement classiques «longues», les options pouvant jouer un rôle dans la gestion du risque, l’amélioration des rendements et l’augmentation de la résilience d’un portefeuille.
A) Protection à la baisse et «tail risk hedging» (couverture d’un risque extrême)
- Options de vente «long put». L’achat d’options de vente sur actions, obligations ou devises offrira aux investisseurs une assurance, certes limitée. En cas de correction soudaine sur la dette souveraine ou suite à un événement systémique déclenché par un stress des institutions non bancaires par exemple, ces options de vente pourront atténuer des pertes sévères.
- Options de vente «out-of-the-money». En achetant des options Put fortement out-of-the-money, l’investisseur se protègera d’événements extrêmes communément appelés «black swan».
B) Générer des revenus dans des périodes de forte volatilité
- Options d’achat couvertes «Covered Calls». En vendant des options d’achat (Call) sur des positions existantes, les investisseurs encaissent des primes supplémentaires, en particulier lorsque la volatilité implicite du sous-jacent est élevée. Il s’agit d’une rémunération complémentaire avec en contrepartie la limitation de l’appréciation potentielle de ces actifs en cas de hausse.
- Options de vente garanties par des liquidités «Cash-Secured Puts». Cette stratégie consiste à vendre des options de vente (Put) sur des actifs que l’investisseur est prêt à détenir. Si le marché baisse suffisamment, l’actif sera acquis à un prix réduit (au prix d’exercice), la prime ayant par ailleurs été perçue. Si le marché ne baisse pas au prix d’exercice, la prime est conservée en tant que revenu.
C) Couvertures dynamiques modélisées
- Stratégies de couverture adaptatives. Ces stratégies combinent les options avec une prise de décisions à base d’algorithmes à l’exemple du reinforcement learning à paramètres multiples comme le «DeltaHedge» qui peut optimiser dynamiquement l’exposition d’un portefeuille aux options en fonction du risque, du rendement et des conditions de marché.
- Couverture basée sur la confiance des marchés et les informations publiées. Des modèles plus récents intègrent l’analyse de la confiance dans les marchés, pilotée par des grands modèles de langage (LLM) en utilisant les informations, les médias sociaux et les différents rapports produits pour ajuster les stratégies de couverture en temps réel.
D) Gestion des risques transversale
- Options sur taux d’intérêt pour couvrir une position ou se positionner sur la courbe des taux.
- Options sur devises pour gérer les expositions aux devises, en particulier dans les marchés émergents.
- Options sur défaut de crédit ou «Credit Default Swap» afin de couvrir le risque de dette souveraine ou d'entreprise.
Perspectives pour 2026
L’environnement mondial va être marqué par une désinflation lente, une divergence des politiques monétaires et une volatilité continue due aux risques géopolitiques et financiers structurels.
Notre scénario de base prévoit une croissance mondiale modeste avec les Etats-Unis qui devraient rester relativement résilients, l’Europe qui fait face à davantage de contraintes et l’Asie qui offre des poches de croissance forte. Les taux d’intérêt devraient quant à eux progressivement baisser, améliorant ainsi les perspectives des marchés obligataires avec toutefois des périodes de crises liées à des besoins de refinancement élevés. Les marchés actions risquent de continuer leur dichotomie avec des sociétés technologiques gardant leur leadership mais nécessitant une discipline dans leurs évaluations. La volatilité des devises restera élevée en raison des divergences de politique monétaire et des réorientations géopolitiques.
Avec en fil rouge une incertitude élevée des marchés mais également en fonction des opportunités qui ne manqueront pas de survenir, les options permettent aux investisseurs de naviguer dans un environnement asymétrique en protégeant le capital lorsque les évaluations sont élevées, en générant des revenus lorsque la volatilité reste structurellement forte et en prenant des positions contrôlées lorsque le rapport risque-rendement est favorable.
Dans un monde de changements macroéconomiques rapides et de risques interconnectés, l’utilisation d’options passe ainsi d'un outil tactique à une nécessité stratégique.