La Banque du Japon (BoJ) a gardé inchangés ses taux jeudi tout en relevant légèrement sa prévision de croissance annuelle pour l’archipel, pointant la persistance de «grandes incertitudes» en raison de la guerre commerciale menée par les Etats-Unis.
Après deux jours de réunion, l’institution a annoncé le maintien à 0,5% de son taux directeur.
Ce statu quo était largement attendu par les analystes, malgré l’accord commercial conclu récemment entre Tokyo et Washington: les produits japonais importés aux Etats-Unis seront surtaxés à 15%, en-deçà des 25% dont le pays était menacé.
Pour autant, la conjoncture dans la quatrième économie mondiale reste fragile, sur fond d’inflation persistante, de consommation morose et d’incertitude politique, après une cuisante défaite électorale de la coalition gouvernementale.
Surtout, l’avenir reste sous la menace de la guerre commerciale que mène l’administration Trump à l’échelle mondiale.
«Des évolutions positives ont été observées, notamment les négociations entre le Japon et les États-Unis qui ont abouti à un accord. Cela dit, de fortes incertitudes subsistent quant aux négociations (avec les autres pays) et à l’impact sur l’activité économique et les prix, tant au niveau national qu’international», insiste la BoJ.
Prévisions abaissées en mai
«L’introduction de droits de douane de grande ampleur devrait impacter l’activité commerciale mondiale, et les incertitudes accrues concernant ces politiques sont susceptibles d’avoir un impact important sur le moral des entreprises et des ménages à travers le monde, ainsi que sur les marchés financiers et de capitaux», s’alarme-t-elle.
Prenant acte de l’assombrissement des perspectives mondiales, la BoJ avait abaissé de moitié en mai sa prévision de croissance annuelle pour l’économie japonaise, à 0,5%. Suite à l’accord conclu avec Washington, elle l’a relevé légèrement jeudi, à 0,6%.
En revanche, l’inflation devrait continuer de s’aggraver dans le pays.
La hausse des prix à la consommation (hors produits frais) s’établissait encore à 3,3% sur un an en juin, dopée par un doublement des prix du riz, très au-delà de la cible de 2% que se fixe la BoJ.
Désormais, sur l’ensemble de l’année fiscale niponne se terminant fin mars 2026, l’institution table sur une inflation de 2,7% -chiffre fortement relevé par rapport à une prévision précédente de 2,2%.
Pour contrer le retour de l’inflation au Japon, la BoJ avait entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après dix ans de politique monétaire ultra-accommodante.
Elle les a relevés deux fois l’an dernier, puis encore en janvier, avant de suspendre ses hausses de taux face aux incertitudes liées à la guerre commerciale.
En raison de la forte inflation, les analystes s’attendent à une reprise des relèvement de taux d’ici la fin de l’année ou début 2026.