Déception pour le PIB allemand, qui recule au deuxième trimestre

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Entre avril et juin, le Produit intérieur brut fléchit de 0,1% selon l’institut Destatis, tandis que les analystes de la plateforme Factset et de la Bundesbank s’attendaient à une stagnation.

L’économie allemande a replongé au deuxième trimestre après une hausse du PIB en début d’année, selon une première estimation publiée mercredi, un mauvais signe pour le pays qui espère se sortir de deux années de récession consécutives.

Entre avril et juin, le Produit intérieur brut allemand a reculé de 0,1% selon l’institut Destatis, tandis que les analystes de la plateforme Factset et de la Bundesbank s’attendaient à une stagnation.

La première économie européenne a souffert de la baisse des investissements, notamment dans la construction, malgré un rebond de la consommation des ménages jusqu’ici morose.

Les chiffres du jour rompent avec le rebond de croissance enregistré en début d’année, revu à la baisse mercredi de 0,4% à 0,3%.

Les effets d’anticipation des droits de douane américains, qui avaient dopé l’activité au premier trimestre, semblent avoir disparu.

Ainsi, le PIB allemand, apathique depuis plusieurs années, ne dépasse pas son niveau pré-Covid, selon le cabinet Capital Economics.

«Après quelques bons chiffres, c’est donc à nouveau une déception pour l’économie allemande», estime Jens-Oliver Niklasch de la banque LBBW.

Il ajoute que les barrières commerciales érigées par les Etats-Unis, premier partenaire commercial de l’Allemagne, «ont probablement fait des ravages», bien que la première estimation de Destatis ne soit pas explicite.

«Cela ne signifie pas pour autant que la reprise soit compromise», nuance Geraldine Dany-Knedlik de l’institut DIW.

Elle relève une embellie du climat des affaires et de la production dans le secteur manufacturier, tandis que l’accord entre Bruxelles et Washington apportera une «plus grande sécurité de planification».

L’UE et les Etats-Unis se sont mis d’accord sur des droits de douane de 15% sur les importations européennes, avec des exemptions à venir pour certains secteurs.

Reprise en 2026?

Ces surtaxes causeront des «dommages importants» à l’économie allemande très dépendante des exportations, a reconnu lundi le chancelier Friedrich Merz.

Mardi, le Fonds Monétaire international a indiqué s’attendre à une hausse du PIB de 0,1% en Allemagne, contre une stagnation auparavant, estimant que l’économie mondiale résistera mieux que prévu aux conflits commerciaux.

Le gouvernement de Friedrich Merz mise sur une reprise en 2026, quand les centaines de milliards d’euros d’investissements prévus dans la défense et les infrastructures commenceront à infuser dans l’économie.

Financé par un endettement record, cet effort ne dispensera pas le gouvernement de réaliser d’importantes économies, a prévenu mercredi le ministre des finances Lars Klingbeil lors de la présentation du projet de budget pour 2026.

Le texte prévoit une hausse des dépenses publiques à 520,5 milliards d’euros l’an prochain, contre 503 milliards en 2025, avant d’atteindre 572,1 milliards d’ici 2029.

L’accent est mis sur la hausse du budget de la défense, qui s’élevait à 52 milliards d’euros en 2024, est passé à 62,4 milliards d’euros pour l’année en cours et atteindra 82,7 milliards en 2026. S’y ajoureront plusieurs milliards d’euros tirés d’un fond spécial.

Pour l’aide militaire à l’Ukraine, le budget 2026 reconduit une enveloppe de 9 milliards d’euros identique aux dépenses de cette année.

Cette hausse des dépenses, de récents allègements fiscaux et la faible croissance vont confronter le gouvernement à un trou budgétaire de 172,1 milliards d’euros sur la période 2027-2029, que la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates promet de combler.

Elle compte notamment sur une réforme des remboursements des soins de santé, du système de retraites et de l’allocation pour les chômeurs longue durée.

Pour autant, «il est primordial de ne pas démanteler notre État providence», a insisté M. Klingbeil, chef de file des sociaux-démocrates.

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