Zone euro: la croissance à +0,1% au deuxième trimestre, meilleure qu’attendu

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Les analystes tablaient sur une stagnation. Le spectre des droits de douane imposés par les Etats-Unis aux produits européens continue de peser sur les perspectives, notamment celles de l’Allemagne.

La zone euro a enregistré au deuxième trimestre une faible croissance économique de +0,1%. Un chiffre toutefois meilleur qu’attendu même si les tensions commerciales obscurcissent l’horizon. Le spectre des droits de douane imposés par les Etats-Unis aux produits européens continue de peser sur les perspectives, notamment celles de l’Allemagne, première économie européenne.

Mais pour l’ensemble des vingt pays partageant l’euro, la croissance du PIB a atteint 0,1% sur la période avril-juin, selon la première estimation mercredi d’Eurostat, alors que les analystes de Bloomberg et Factset tablaient sur une stagnation. Au lendemain de l’annonce de la performance espagnole (+0,7%), la France a également salué «une bonne nouvelle» avec un chiffre de croissance de +0,3%, supérieur aux attentes.

Cela «montre bien, alors que les droits de douane s’appliquaient déjà, que (les entreprises) résistent à cette situation», a commenté le ministre français de l’Economie, Eric Lombard. Au premier trimestre, la croissance dans la zone euro avait atteint +0,6%, un chiffre révisé à la hausse en juin en raison notamment d’une performance surprise de l’Irlande.

Parmi les pays qui ont tiré les chiffres vers le haut au deuxième trimestre figurent au premier rang l’Espagne (+0,7%), puis le Portugal (+0,6%) et l’Estonie (+0,5%), selon l’office européen de statistiques. Cette fois un recul a été enregistré en Irlande (-1,0%), tandis que l’Allemagne et l’Italie déplorent chacune -0,1%. Pour l’Allemagne, le recul est dû à la baisse des investissements, notamment dans la construction, malgré un rebond de la consommation des ménages jusqu’ici morose.

Les chiffres allemands du jour rompent avec le rebond de croissance enregistré en début d’année (+0,3% selon un chiffre révisé mercredi). Selon l’institut Capital Economics, «l’Allemagne devrait être plus durement touchée que les autres grandes économies par les droits de douane et continuer à éprouver des difficultés cette année, avant que les mesures de relance budgétaire ne commencent à stimuler l’économie en 2026».

«Incertitude»

Globalement, les droits de douane de 15% - imposés par Washington au terme d’un accord avec l’UE -, pourraient «amputer de 0,2» point la croissance du PIB dans la zone euro sur l’ensemble de 2025, a estimé Franziska Palmas, de Capital Economics. Le président américain Donald Trump avait instauré en avril une surtaxe douanière de 10%, s’ajoutant à la moyenne de 4,8% de droits s’appliquant jusque-là sur la majorité des produits importés de l’UE.

L’accord conclu dimanche soir entre Washington et l’Union européenne prévoit un taux généralisé de 15% à partir du 1er août, sauf exceptions. De nombreux pays et secteurs d’activité s’inquiètent fortement de cette décision. La France compte sur un «zéro tarif douanier» pour ses alcools, y compris le champagne, les vins et les spiritueux, mais les négociations entre l’UE et les Etats-Unis sont toujours en cours sur cette question.

Selon la Commission européenne, l’accord conclu dimanche comprend un certain nombre d’exemptions de part et d’autre de l’Atlantique. Il reste toutefois à déterminer précisément lesquelles. Dans l’ensemble de l’UE, le produit intérieur brut a progressé de 0,2% sur avril-juin, après +0,5% lors du trimestre précédent, selon les chiffres d’Eurostat.

«Après que la concentration des exportations a stimulé la croissance au premier trimestre, l’impact des droits de douane plus élevés et une incertitude plus large ont pesé sur l’activité jusqu’au printemps», a commenté Hugh Lind, économiste pour l’institut londonien Cebr (Centre for Economics and Business Research).

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