La saison des résultats a démarré. Celle-ci est l’opportunité pour les investisseurs de comprendre les premiers impacts de la politique commerciale américaine depuis le début d’année, les effets de la dépréciation du dollar américain, et l’évolution des résultats des valeurs technologiques en phase d’investissement massif dans l’intelligence artificielle. Selon les chiffres d'affaires publiés jusqu'à présent pour le deuxième trimestre, les entreprises semblent assez résilientes face à ces 3 facteurs. La croissance des bénéfices attendus augmentera entre 2025 et 2026, de 9,7% à 13,9% aux Etats-Unis, et de 3,9% à 12,7% en Europe.
Un tiers des entreprises ont reporté. Aux Etats-Unis, les surprises positives dominent largement pour 85% des entreprises. Les bénéfices des entreprises sont 7% supérieurs aux attentes. L’impact sur les cours est asymétrique, puisque les surprises négatives ont davantage d’effet sur les indices que les surprises positives. Au premier semestre, la révision des bénéfices a ainsi été de 5,7%. Des surprises positives permettent seulement de freiner cette tendance baissière. Thermo Fisher et Alphabet ont notamment présenté des résultats supérieurs aux attentes. L'augmentation des prévisions pour l'année combinée à l'attente d'une croissance organique robuste du chiffre d'affaires a contribué à un fort bond du cours de l'action de Thermo Fisher. Alphabet a également réalisé des bénéfices dépassant les attentes. Pour la maison mère de Google, le cœur de métier (moteur de recherche) reste fort et l'augmentation des investissements liés à l'IA est notable.
En Europe, seulement la moitié des entreprises a pu annoncer une surprise positive, c'est-à-dire un bénéfice trimestriel (par action) supérieur aux estimations des analystes. Les bénéfices par action des entreprises sont en moyenne 7 % au-dessus des attentes. Les prestataires de services financiers (BNP Paribas, Deutsche Bank) et les entreprises de services publics ont jusqu'à présent fourni des résultats solides, tout comme, le secteur technologique et les biens de consommation durables. En revanche, les matières premières, l'industrie et les télécommunications ont plutôt surpris négativement.
La saison des résultats se poursuivra. En complément des niveaux de cash, dette, de valorisation, les révisions bénéficiaires seront déterminantes pour soutenir les indices boursiers, alors que le niveau de valorisation du S&P 500, tenant compte des bénéfices ajustés de l’inflation, est à un plus haut historique depuis 4 ans.