Le dollar avance lundi, après la publication d’indicateurs économiques positifs aux Etats-Unis, la devise américaine évoluant également toujours au gré des annonces entourant les droits de douane que Washington compte imposer à ses partenaires commerciaux.
L’activité économique du secteur privé en mars a progressé aux Etats-Unis, selon l’indice PMI Flash publié lundi par S&P Global.
L’indice composite de l’activité globale s’est redressé à 53,5 en mars contre 51,6 le mois précédent, au plus haut depuis décembre.
Il est tiré par l’indice de l’activité de services, qui a avancé de 51,0 en février à 54,3 en mars, alors que les analystes anticipaient une légère baisse.
De son côté, l’indice de la production manufacturière a reculé à 49,8, en deçà des attentes.
Même s’ils «ne sont généralement pas à l’origine des mouvements du marché», les indices PMI ont été cette fois «déterminants» pour les cambistes, estime auprès de l’AFP Shaun Osborne, de Scotiabank.
Alors qu’il évoluait en retrait, le dollar a basculé en territoire positif vers 13h45 GMT, heure de la publication de ses données économiques.
Quelques heures plus tard, vers 18H40 GMT, le billet vert avançait de 0,10% par rapport à l’euro, à 1,0807 dollar.
Par ailleurs, «les signes d’une approche plus flexible» de Washington concernant sa politique commerciale aident le billet vert, soutient Shaun Osborne.
Des informations de presse publiées dans le week-end ont relaté que l’augmentation des droits de douane réciproques qui doit entrer en vigueur le 2 avril «ne s’annonce pas aussi généralisée qu’initialement annoncé ou redouté», commente Lee Hardman, analyste chez MUFG.
Les pays qui n’imposent pas de droits contre les États-Unis, et avec lesquels le pays affiche un excédent commercial en seraient par exemple exemptés, et l’administration ne prévoirait pas de dévoiler des droits de douane sectoriels distincts, selon un article de Bloomberg publié samedi.
«D’autres droits de douane existants, comme sur l’acier et l’aluminium, pourraient ne pas être cumulatifs, ce qui atténuerait l’impact potentiel sur ces secteurs», comme l’a suggéré «la semaine dernière le secrétaire au Trésor américain», Scott Bessent, ajoute M. Hardman, de MUFG.
Habituellement, une hausse des taxes douanières aux Etats-Unis est de nature à soutenir le billet vert, tandis qu’un allègement peut l’affaiblir.
Mais, selon Shaun Osborne, l’imposition de surtaxes «énormes (...) pousserait les pays visés à répondre en retour par des droits de douane élevés, ce qui ralentirait l’économie américaine» et serait par conséquent aussi négatif pour la monnaie américaine.