Les cours du pétrole ont entamé un léger rebond mardi, après leur net recul de la veille lié aux craintes sur l’état de santé de l’économie américaine.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a gagné 0,40% à 69,56 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en avril, s’est octroyé 0,33% à 66,25 dollars.
«Les cours ont beaucoup chuté en peu de temps étant donné (...) les craintes d’un ralentissement de l’économie américaine qui aurait un impact sur la demande de pétrole», a commenté auprès de l’AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
Ces inquiétudes ont été exacerbées alors que le président américain est resté très flou lorsqu’une journaliste de Fox News lui a demandé dimanche s’il s’attendait à une récession aux Etats-Unis, avouant plutôt prévoir «une période de transition».
Selon M. Lipow, les cours se redressent aussi après avoir subi de plein fouet l’annonce lundi 3 mars de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) de maintenir son calendrier de hausse de production.
Le plan de l’Opep+ prévoit le retour de 120.000 barils quotidiens supplémentaires par mois pendant 18 mois, auxquels il faut additionner une dérogation spéciale accordée par le cartel aux Emirats arabes unis. En avril, le groupe ajoutera donc 138.000 barils quotidiens sur le marché.
Toutefois, les analystes sont convaincus que l’Opep+ ne laissera pas les cours du brut plonger davantage. L’Arabie saoudite, figure de proue du cartel, a notamment besoin de générer des profits importants pour financer le programme de réformes Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane.
En outre, «il semble que nous sommes au début d’une guerre commerciale avec le Canada, ce qui pourrait avoir un impact sur l’approvisionnement en pétrole brut des États-Unis», a souligné M. Lipow.
Donald Trump a redoublé d’agressivité commerciale mardi contre Ottawa, annonçant entre autres choses qu’il doublait à 50%, contre 25% auparavant, les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens, devant entrer en vigueur mercredi. Les autorités canadiennes ont promis de répliquer à toute surenchère de droits de douane.
«Si le président Trump décide d’appliquer des droits de douane sur le pétrole canadien, une partie de l’offre pourrait être détournée des États-Unis, ce qui soutiendrait les prix du WTI», selon M. Lipow.
Le pétrole canadien représente 60% des importations américaines de brut (près de quatre millions de barils quotidiens).