USA: la SEC veut faire évoluer la réglementation des marchés

AWP

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Le nouveau président du régulateur boursier Gary Gensler veut notamment revoir la façon dont les prix sont établis.

Le nouveau président du régulateur boursier américain, la SEC, a annoncé mercredi qu’il envisageait de faire évoluer la réglementation des marchés, notamment la façon dont les prix sont établis, afin de répondre aux transformations technologiques du monde de la finance.

«J’estime qu’il convient d’étudier quels sont les moyens de rafraîchir les règles de la SEC pour assurer que nos marchés actions répondent à leur mission: maintenir des marchés justes, bien ordonnés et efficaces tout en nous assurant que nous protégeons les investisseurs et facilitons la formation de capital», a déclaré Gary Gensler lors d’une conférence à Washington sur la fintech et les plateformes boursières.

M. Gensler, qui a pris ses fonctions en avril, a reconnu que les développements technologiques avaient bouleversé les marchés financiers, qu’il s’agisse des voies d’accès à la Bourse pour les petits investisseurs, de la manière dont les plateformes d’échange rivalisent ou encore des incitations économiques pour les différents acteurs du marché.

Grâce à différentes applications de courtage, notamment la plateforme Robinhood, les investisseurs particuliers peuvent désormais investir en Bourse sans avoir à passer par un acteur institutionnel.

Mais dans le même temps, les transactions boursières y sont exécutées par un nombre restreint de teneurs de marché au pouvoir considérable, comme le fonds Citadel Securities ou Virtu Financial, ce qui est susceptible d’affecter les prix proposés aux investisseurs.

Un peu plus de la moitié (53%) des échanges ont été réalisés sur de grandes plateformes boursières, comme le Nasdaq et le New York Stock Exchange (NYSE) en janvier, selon des données du Chicago Board of Exchange (CBOE) citées par M. Gensler.

Le reste a eu lieu sur des plateformes alternatives de gré à gré, connues sous le nom de «dark pools» (9%) mais surtout via un petit nombre de maisons de courtage (38%).

«La concentration sur le marché peut dissuader toute compétition saine et limiter l’innovation», a affirmé M. Gensler, qui s’exprimait par visioconférence. «Elle peut également faire augmenter les risques systémiques si un acteur de taille importante ou disposant d’une grosse part de marché venait à défaillir».

Le patron de la SEC a indiqué qu’il avait demandé à ses équipes d’émettre des recommandations pour s’assurer que les investisseurs aient accès au meilleur service possible lorsqu’ils passent un ordre.

Dans un entretien sur la chaîne CNBC, M. Gensler a également remis en cause le modèle de courtage à zéro commission, vanté par Robinhood et quelques autres noms du secteur aux Etats-Unis.

«Je pense qu’il s’agit d’une fausse perception: les transactions ne sont pas gratuites, quelqu’un paye pour mes flux d’ordre et pour les vôtres», a-t-il asséné.

Robinhood se rémunère en effet en touchant un retour pour chaque ordre que l’application achemine vers les teneurs de marché, une pratique légale aux Etats-Unis mais critiquée par des régulateurs et des législateurs pour son caractère opaque.

«Ensuite, ils récupèrent nos données et ces données sont d’une grande valeur. Il y a donc zéro commission, mais ce n’est pas forcément gratuit», a poursuivi M. Gensler.

«Par ailleurs, tous les courtiers ne font pas cela aux Etats-Unis. Et enfin, c’est interdit au Royaume-Uni, au Canada et en Australie et ça n’existe pas dans la plupart de l’Europe.»

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