Autriche: succès d’un nouvel emprunt à cent ans

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Pour cet emprunt de 2 milliards d’euros, les offres ont atteint près de 18 milliards et le pays a pu décrocher un taux de 0,88%.

L’Autriche a suscité mercredi l’engouement des investisseurs en proposant une nouvelle obligation à 100 ans, une durée exceptionnelle rendue attractive par la faiblesse des rendements sur les titres traditionnels et l’incertitude économique créée par la crise du coronavirus.

Pour cet emprunt de 2 milliards d’euros, les offres ont atteint près de 18 milliards et le pays a pu décrocher un taux de 0,88%, spectaculairement bas pour un titre de cette maturité, selon des chiffres du Trésor autrichien.

L’obligation arrivera à échéance en juin 2120.

C’est la troisième fois depuis 2017 que l’Autriche, l’une des économies les plus solides de la zone euro, émet sur cent ans. Dans un contexte de baisse historique des taux, les investisseurs se ruent sur les titres offrant encore du rendement.

Toutefois, même pour ces durées impensables il y a encore quelques années, le coût de l’emprunt s’effondre puisqu’il y a trois ans, la République alpine avait obtenu un taux d’intérêt de 2,1%, passé à 1,2% il y a un an.

Habituellement, plus le remboursement est éloigné dans le temps, plus le risque de défaillance est grand et plus le taux est élevé.

Sur les marchés financiers, les Etats émettent traditionnellement des obligations à dix ans, le long terme étant généralement de 30 ans.

Mais certains Etats n’hésitent plus désormais à émettre de la dette de très longue durée, dite «Mathusalem», à 50 ans voire 100 ans, qui séduit des investisseurs désespérément à la recherche de titres sûrs, offrant malgré tout du rendement.

L’Argentine et le Mexique ont ainsi déjà émis des titres centenaires. La France s’est pour sa part toujours refusée à émettre au-delà de 50 ans.

Par les programmes publics de soutien et de relance qu’elle impose, la crise du coronavirus va faire exploser la dette des Etats.

Pour les pays développés, la situation est plutôt favorable à l’endettement avec des taux très bas voire négatifs, mais les pays émergents se trouvent dans une situation beaucoup plus difficile.

Dans le sombre tableau de ses prévisions pour l’économie mondiale publiées mercredi, le FMI a mis en garde contre un risque de «déconnexion» des marchés financiers portés par le niveau inédit des aides d’Etat et la faiblesse des taux d’intérêt.

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