Un «mur de dollars» aux Etats-Unis

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

2 minutes de lecture

Marchés financiers et bilans des ménages devraient être les principaux bénéficiaires. En Chine, le PIB annuel surpasse les prévisions.


©Keystone

Comme prévu, les données économiques américaines ont molli fin 2020. En décembre, de nouvelles restrictions ont fait reculer l’emploi, une première depuis avril 2020, tandis que le soutien fiscal faiblissant a contribué au troisième repli mensuel consécutif des ventes au détail. La dynamique économique devrait bondir début 2021, grâce à la relance budgétaire surtout. Le plan de relance adopté fin décembre après d’âpres négociations comprend un chèque de relance de 600 dollars par personne et prolonge les prestations chômage étendues jusqu’à mi-mars. 

La propension des Américains à épargner
devrait augmenter à mesure d’autres transferts fiscaux.

Le président Joe Biden a proposé un autre plan d’un montant de 1,9 billion de dollars (8,8% du PIB) incluant un autre chèque de 1’400 dollars, le prolongement jusqu’en septembre des prestations chômage citées, et point crucial, des aides pour les gouvernements locaux et des Etats. Vu la majorité ultraserrée au Sénat, la plupart des analystes tablent sur un montant plus proche de 1 billion de dollars, le chèque étant le point le plus consensuel. Selon une étude de la Fed, les ménages ont épargné 36,4% du premier chèque, et 34,5% ont été consacrés au règlement de dette. Les sondés ont également indiqué que leur propension à épargner augmenterait à mesure d’autres transferts fiscaux. Même si ces chèques vont sûrement soutenir la consommation des ménages en 2021, marchés financiers et bilans des ménages devraient être les principaux bénéficiaires de ce «mur de dollars».

Le virus perturbe le Nouvel An en Chine

La Chine est la seule économie majeure à avoir dépassé ses niveaux pré-crise en 2020. Le PIB annuel gagne 2,3%, surpassant nos prévisions et celles du consensus. Les exportations florissantes de biens liés à la pandémie fabriqués en Chine (équipement médical, ordinateurs) ont porté la solide performance. Et l’activité industrielle s’est vite reprise après l’assouplissement du confinement au deuxième trimestre, finissant 2020 à 7,3% au-dessus des niveaux pré-crise. Un confinement strict et une stratégie de suivi efficace ont réussi à maîtriser la contagion, permettant une réouverture rapide de l’économie, tandis que la politique de relance a stimulé l’activité industrielle et immobilière. 

Les mesures de relance monétaire et budgétaire vont s’estomper.

La croissance devrait continuer en 2021, la solide demande extérieure dans une conjoncture mondiale en amélioration aidant. En glissement trimestriel toutefois, son taux devrait ralentir. Les mesures de relance monétaire et budgétaire vont s’estomper, l’attention revenant vers la stabilité financière, notamment dans le secteur immobilier, lourdement endetté. De plus, le premier trimestre 2021 sera difficile en raison d’une récente résurgence de cas dans le nord du pays, peu avant le Nouvel An le 13 février prochain. Les décideurs chinois déploient des mesures pour décourager les voyages en cette période, ce qui pèsera sur la confiance des consommateurs et les activités de services comme le transport et les loisirs.

L’indice des prix à la consommation (IPC) chinois en décembre a renoué avec l’inflation (0,2%), après un détour en déflation en novembre (-0,5%). Une lecture plus élevée due à une vague de froid qui a tiré les prix de l’alimentaire vers le haut. Toutefois, les prix du porc devraient ramener l’IPC global en déflation au premier trimestre 2021. Hors prix alimentaires et de l’énergie, l’IPC faiblit à 0,4%, contre 0,5% précédemment.

A lire aussi...