Private Equity: l’ère de la valeur opérationnelle

Daniela Gruebel, ODDO BHF

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La liquidité limitée du marché reste un défi majeur. Les fonds de rachat détiennent actuellement environ 3800 milliards de dollars d’actifs non réalisés.

 

La génération de rendement s’oriente vers la création de valeur opérationnelle. La liquidité reste limitée, avec des durées de détention prolongées et une forte dispersion, ce qui rend le choix des gestionnaires de plus en plus crucial. Les investissements secondaires et les co-investissements gagnent en popularité en tant qu’outils permettant d’accéder à la liquidité, d’améliorer la visibilité et de renforcer l’efficacité du portefeuille.

Le marché du private equity montre des signes clairs de reprise après plusieurs années difficiles, bien que cette reprise ne soit pas uniforme. La reprise de l’activité est principalement tirée par un nombre limité de transactions de grande envergure, tandis que la levée de fonds et l’activité de transaction dans le segment des entreprises de taille moyenne restent modérées. En conséquence, le marché évolue de manière différenciée, avec des avantages évidents pour les gestionnaires de grande taille et bien établis, tandis que les acteurs plus modestes continuent de faire face à des conditions plus difficiles.

Dans le même temps, les moteurs de rendement ont connu une évolution structurelle. La hausse des coûts de financement et la normalisation des valorisations impliquent que la création de valeur doit désormais provenir davantage d’améliorations opérationnelles. Aujourd’hui, une croissance annuelle de l’EBITDA d’environ 12% est souvent requise, contre environ 5% par le passé, pour atteindre des niveaux de rendement similaires. Le capital-investissement évolue donc d’un modèle largement dicté par les conditions de marché vers un modèle où la qualité du développement des entreprises et la sélection des investissements individuels sont des facteurs clés de succès.

Les investissements sur le marché secondaire ainsi que les co-investissements gagnent en importance.

La liquidité limitée du marché reste un défi majeur. Les fonds de rachat détiennent actuellement environ 3800 milliards de dollars d’actifs non réalisés. Parallèlement, les durées de détention moyennes se sont allongées pour atteindre environ 7 ans, et les distributions restent inférieures aux niveaux historiques. La sélection des fonds revêt une importance croissante car l’écart de performance entre les gestionnaires de premier plan et les plus faibles n’a jamais été aussi grand, et les résultats des investissements dépendent plus que jamais du choix des bons partenaires. Une large diversification entre les millésimes reste essentielle, car les investissements de la période 2019-2021 sont davantage exposés à des corrections de valorisation, tandis que les millésimes actuels offrent des conditions d’entrée historiquement plus attractives.

Dans ce contexte, les investissements sur le marché secondaire ainsi que les co-investissements gagnent en importance. Le marché secondaire connaît une croissance dynamique et offre aux investisseurs un accès à des portefeuilles plus matures et plus transparents, souvent à des valorisations décotées et avec des distributions de trésorerie plus précoces. Cela peut contribuer à raccourcir la phase typique de déploiement du capital et à améliorer le profil de liquidité global. En conséquence, ces approches offrent des solutions ciblées pour saisir les opportunités, gérer les risques et maintenir le capital-investissement comme un élément central d’un portefeuille bien diversifié dans un environnement de marché plus exigeant.

Dans un marché où les rendements dépendent davantage de la création de valeur opérationnelle que de l’expansion des multiples, l’avantage compétitif réside dans l’accès différencié aux transactions et dans la qualité de l’exécution. Les investisseurs capables de s’appuyer sur des réseaux étendus, une expertise sectorielle spécialisée et une discipline rigoureuse de sélection sont les mieux placés pour identifier des opportunités générant des rendements attractifs ajustés du risque. Les segments de niche, souvent moins efficients et moins concurrentiels, demeurent particulièrement attractifs dans cette optique. Plus que jamais, la performance du private equity sera portée par la sélection des actifs et des gestionnaires plutôt que par les vents favorables du marché.

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