Notre maison brûle: il est temps de nous occuper de la biodiversité

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Graphique de la semaine de DWS. Conséquences économiques de la dégradation de la biodiversité et rôle des régulateurs financiers.


Incendies en Californie, septembre 2020. ©Keystone

Obtenir l'accord de 65 chefs d'Etat est remarquable. Mais lorsqu'il s'agit de «prendre des mesures significatives» en faveur de la biodiversité, le «Leaders’ Pledge for Nature»1 est un véritable enjeu. Cette semaine, les Nations unies ont organisé une conférence virtuelle sur la biodiversité2, dans le but de parvenir à un nouvel accord lorsque la «Convention des Nations unies sur la diversité biologique» se réunira en Chine en mai 2021.

Les actes valent mieux que les paroles et nous pourrions, cette fois-ci, voir se mettre en place des actions concrètes, d'autant plus que l'humanité a déjà anéanti 68 % de tous les mammifères, oiseaux, poissons et reptiles depuis 19703. Cette dégradation de la biodiversité est en plus accélérée et exacerbée par le changement climatique. La destruction des forêts et le commerce des espèces sauvages renforcent également les risques de pandémie. La COVID-19, le virus Zika, le Sida, le SRAS et le virus Ebola sont tous issus de populations animales soumises à une forte pression environnementale par l'Homme4

Le «Leaders' Pledge» vise notamment à inciter le secteur financier à prendre
en compte la valeur de la nature et de la biodiversité dans ses décisions.

La biodiversité est essentielle pour les institutions financières. Le «Leaders' Pledge» vise, dans un premier temps, à intégrer la biodiversité dans l'ensemble des politiques et accords internationaux pertinents. Il vise aussi à inciter le secteur financier, au niveau national et international, à prendre en compte la valeur de la nature et de la biodiversité, à mobiliser des capitaux et à promouvoir la conservation, la restauration et l'utilisation durable de la nature dans les décisions de financement et d'investissement et dans la gestion des risques.

La biodiversité est essentielle pour la croissance économique. La Fondation WWF5 a analysé six services écosystémiques que la nature fournit: l'approvisionnement en eau pour l'agriculture, l'approvisionnement en bois, la pêche marine, la pollinisation des cultures, la protection contre les inondations, les marées de tempête et l'érosion, et le stockage du carbone. Notre «Graphique de la semaine», ci-dessous, montre que la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial est menacée par l'absence de mesures visant à préserver et à restaurer la biodiversité. Si rien n'est fait, la croissance annuelle du PIB pourrait chuter de 0,67% d'ici 2050, ce qui équivaut à une perte de 10’000 milliards de dollars. Mais, dans un contexte de «préservation de la biodiversité», la croissance du PIB pourrait s'accélérer d'environ 0,02% d'ici 2050, soit un bénéfice de 11 milliards de dollars. Ces chiffres peuvent sembler assez mesurés car il ne s'agit que d'un modèle partiel des nombreux avantages que la nature procure et l'analyse ne tient pas compte de la possibilité d'atteindre des points de basculement.

Une grande partie de la destruction de la biodiversité provient
des pays à revenu élevé, des entreprises et des particuliers.

La biodiversité est essentielle pour les régulateurs et les investisseurs. 69 régulateurs financiers et banques centrales sont membres du «Network for Greening the Financial Sector» (NGFS). La banque centrale néerlandaise6 a constaté que les institutions néerlandaises possèdent 36% de leurs portefeuilles exposés à des sociétés dépendant fortement ou très fortement des services écosystémiques. 39 membres du NGFS sont situés dans des pays à revenu élevé ou moyen supérieur, néanmoins, le WWF conclut que les pays à faible revenu sont les plus exposés au risque de perte de PIB due à la destruction de la biodiversité. Ce sont également eux qui ont le plus à gagner dans la préservation de la biodiversité. Toutefois, une grande partie de l'exploitation des ressources et de la destruction de la biodiversité provient des pays à revenu élevé, des entreprises et des particuliers qui produisent et achètent des produits.

«Au cours des cinq dernières années, les banques centrales ont joué un rôle clé dans l'accélération de l'action en faveur du climat. Cette action doit être reproduite et accélérée pour que les banques centrales, les régulateurs financiers, les institutions financières et l'économie réelle se concentrent sur la préservation et la restauration de la biodiversité», souligne Murray Birt, stratégiste senior ESG chez DWS.

Conséquences économiques de la dégradation de la biodiversité

Axe de gauche: Variation en % d'ici 2050 par rapport à 2011
Bleu: Croissance du PIB mondial sur la base des scénarios de biodiversité pour 2050
Texte à gauche: Maintien du statu quo
Texte à droite: Conservation mondiale

 

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