Les entreprises doivent investir en fonction des objectifs climatiques

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Graphique de la semaine de DWS. Cinq ans après les Accords de Paris, les investissements à forte intensité de carbone restent dominants.


©Keystone

Il y a cinq ans, les accords de Paris sur le climat ont été signés. A l'époque, le Climate Action Tracker a constaté que les politiques existantes laissaient présager une augmentation de la température mondiale de 3,6°C d'ici 2100 par rapport à l'époque préindustrielle. Bien que de nombreux pays se soient engagés à renforcer leurs politiques, on estimait que ces efforts se solderaient tout de même par une augmentation (préjudiciable) de 2,7°C.

Toutefois, alors que l'année 2020 touche à sa fin, la Chine s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, tandis que le président américain élu Biden s'est engagé à se joindre à nouveau aux accords de Paris. En outre, 127 pays représentant 63% des émissions envisagent ou ont adopté des objectifs de zéro émission de carbone, dont l'Union européenne (UE), l'Afrique du Sud, le Japon, la Corée du Sud et le Canada. Aujourd'hui, une évaluation optimiste indique que la température mondiale devrait augmenter de 2,1°C, rendant ainsi l'objectif de l'accord de Paris «inférieur à 1,5°C» réalisable. Cela est de bon augure pour le sommet sur le climat de 2021 qui aura lieu au Royaume-Uni.

Les investisseurs ont un rôle clé à jouer pour aider toutes les entreprises
à réorienter la plus grande partie possible de leurs investissements.

Les dépenses d'investissement (capex) peuvent être utilisées comme un indicateur approximatif pour mesurer si les engagements climatiques sont sur la bonne voie. La Climate Policy Initiative estime que 579 milliards de dollars de financement pour le climat ont été engagés par les banques de développement, les institutions financières, les gouvernements et les ménages, les entreprises ayant investi 183 milliards de dollars.

En comparaison, notre «graphique de la semaine» examine toutes les dépenses d'investissement des plus grandes entreprises (environ 900) en 2019. Une analyse de DWS a révélé que sur un total de 2’000 milliards de dollars d'investissements, les 150 entreprises présentant les risques climatiques les plus élevés ont engagé 651 milliards de dollars d'investissements avec une durée de vie économique d'environ 22 ans, ce qui met en danger le climat et aggrave le risque d'immobilisation des actifs à mesure que les politiques deviennent inévitablement plus fortes. Alors que l'effondrement de la demande de pétrole provoqué par la pandémie a conduit les compagnies pétrolières cotées en bourse à annuler plus de 54 milliards de dollars de projets et que certaines compagnies énergétiques européennes s'engagent à atteindre des objectifs de zéro émission de carbone, l'analyse montre qu'aucune n'est encore alignée.

Dans le cadre de l'initiative Climate Action 100+, 545 investisseurs (y compris le DWS) gérant 52’000 milliards de dollars d'actifs s'engagent auprès de grandes entreprises. A partir de 2021, quelque 160 entreprises seront évaluées publiquement sur la base de leurs réductions d'émissions, de leurs investissements, de leur gouvernance, de leurs informations et de leurs activités de lobbying. Les investisseurs ont un rôle clé à jouer pour aider toutes les entreprises à réorienter la plus grande partie possible de leurs investissements vers les quelque 4’000 milliards de dollars d'investissements annuels nécessaires à une société fondée sur les énergies renouvelables et l'utilisation efficace des ressources.

 
Gauche: Les dépenses d'investissement des 900 plus grandes entreprises 2019
Droit: Les besoins de financement pour l'alignement des accords de Paris
Bleu: Les entreprises à faible risque climatique
Vert: les entreprises présentant des risques climatiques modérés
Gris: Les entreprises présentant les risques climatiques les plus élevés

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