Il y a un an l’on demandait s’il fallait détenir du bitcoin. Aujourd’hui, la question porte davantage sur la part à lui consacrer et sur les actifs auxquels l’associer. Il s’agit d’une discussion sensiblement différente, qui nécessite un cadre.
L’argument en faveur de la diversification s’est renforcé
Le bitcoin, Ethereum et Solana ont affiché sur le long terme une corrélation moyenne d’environ 33% avec les actifs traditionnels, sur la base des rendements mensuels glissants entre juillet 2023 et juin 2026. Sur la même période, les actions américaines et les marchés émergents présentaient une corrélation de 70%. La corrélation du bitcoin avec les actions s’établit à 38%, et à seulement 4% avec l’or.
Ces chiffres ne sont pas figés. Les corrélations peuvent fortement augmenter lors de périodes de tensions à court terme. Le bénéfice structurel de la diversification s’observe sur l’ensemble d’un cycle de marché. Les conseillers capables d’expliquer clairement cette nuance seront mieux à même de répondre à la question inévitable de leurs clients: «Pourquoi le bitcoin n’a-t-il pas progressé alors que tous les autres actifs montaient?»
La volatilité annualisée du bitcoin est tombée à environ 30%, contre une moyenne supérieure à 80% lors des cycles précédents.
La volatilité du bitcoin a évolué
La volatilité est l’objection la plus fréquemment avancée à l’encontre d’une allocation aux actifs numériques. Elle mérite toutefois une réponse fondée sur la situation actuelle plutôt que sur les données historiques.
La volatilité annualisée du bitcoin est tombée à environ 30%, contre une moyenne supérieure à 80% lors des cycles précédents. Sur la même période, celle de Tesla s’établit à environ 44% et celle de Palantir à environ 51%. Les conseillers qui détiennent l’une ou l’autre de ces actions sans considérer leur volatilité comme rédhibitoire appliquent donc un raisonnement incohérent s’ils excluent le bitcoin pour ce même motif.
Cette évolution est structurelle. Les produits négociés en bourse (ETP) au comptant sur le bitcoin, lancés en janvier 2024, ont attiré sur le marché des capitaux institutionnels de long terme, qui ont progressivement remplacé les flux spéculatifs comme principale source de demande marginale.
Trois actifs, trois rôles distincts
Lorsque les clients parlent de «crypto», ils font souvent référence à des actifs très différents. Le bitcoin, dont l’offre est plafonnée par son protocole à 21 millions d’unités, trouve sa place dans la poche des investissements alternatifs, aux côtés de l’or et d’autres actifs tangibles. Son profil de rendement est structurellement indépendant à la fois des actions et des valeurs refuges traditionnelles.
Ethereum et Solana fonctionnent différemment. Avec des corrélations sur trois ans avec le Nasdaq de respectivement 49% et 32%, ils permettent de s’exposer à des infrastructures financières natives de la blockchain auxquelles les indices actions traditionnels ne donnent pas directement accès. Ils s’inscrivent davantage dans la catégorie des valeurs technologiques, non pas pour remplacer les investissements technologiques traditionnels, mais pour les compléter.
Un modèle rétrospectif fondé sur un portefeuille traditionnel composé de 60% d’actions et de 40% d’obligations montre que des allocations aux actifs numériques comprises entre 1% et 5% ont été associées à une amélioration des rendements ajustés du risque pour des profils conservateurs, modérés et orientés vers la croissance, lorsqu’elles étaient accompagnées d’un rééquilibrage systématique trimestriel.