Bitcoin: des similitudes avec la situation de février 2026

Maximiliaan Michielsen, 21shares

2 minutes de lecture

Toutefois, même si le support actuel tient bon, la marge de progression avant de rencontrer une résistance significative est bien plus réduite qu’en début d’année.

La configuration actuelle présente certaines similitudes avec celle observée en février. A l’époque, le bitcoin avait rebondi autour de 63’000 dollars, juste au-dessus de sa moyenne mobile à 200 semaines située à 58’000 dollars, avant de progresser jusqu’à environ 78’000 dollars fin avril. Aujourd’hui, il teste à nouveau cette même zone, évoluant une fois encore à proximité de sa moyenne mobile à 200 semaines, désormais située à 61’810 dollars.

La principale différence réside toutefois dans le plafond. En février, la moyenne mobile à 200 jours se situait encore autour de 103’000 dollars, laissant un potentiel de progression important. Aujourd’hui, elle est redescendue à 78’476 dollars, le cours étant resté confiné en territoire baissier depuis près de sept mois. Autrement dit, même si le support actuel tient bon, la marge de progression avant de rencontrer une résistance significative est bien plus réduite qu’en début d’année.

Cela étant, les éléments structurels ne plaident pas en faveur d’une véritable capitulation du marché. Lors des précédents cycles baissiers, le bitcoin évoluait généralement sous l’ensemble de ses principaux seuils de coût d’acquisition on-chain au point bas du marché: le coût moyen des détenteurs de court terme (Short-Term Holders), le prix réalisé agrégé et le prix réalisé des détenteurs de long terme (Long-Term Holders). Cette situation traduisait alors une capitulation généralisée. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le cours au comptant évolue certes sous le coût d’acquisition des détenteurs de court terme, situé autour de 76’000 dollars, mais demeure nettement au-dessus du prix réalisé agrégé, proche de 54’000 dollars, ainsi que du prix réalisé des détenteurs de long terme, autour de 49’000 dollars. En d’autres termes, les investisseurs les plus convaincus restent largement en territoire positif. Cette même résilience apparaît dans les indicateurs de volatilité et d’ampleur de correction. La volatilité réalisée annualisée sur trois mois s’établit actuellement autour de 39%, soit environ la moitié des niveaux observés lors des précédents points bas de marché, compris entre 65% et 78%. De même, la baisse maximale enregistrée depuis le sommet atteint environ 51%, bien en deçà des corrections de 77% à 84% observées lors des marchés baissiers de 2017-2018 et de 2021-2022.

Le facteur temporel mérite également d’être pris en compte. Les marchés baissiers de 2017-2018 comme de 2021-2022 ont duré environ douze mois entre leur sommet et leur point bas avant que la reprise ne s’amorce. Nous sommes aujourd’hui environ huit mois après le début de la correction actuelle, ce qui suggère que de nouvelles phases de faiblesse ou une consolidation latérale pourraient encore se produire si l’on se réfère aux schémas historiques des cycles. Toutefois, ce cycle présente des caractéristiques inédites. L’émergence d’entreprises intégrant le bitcoin à leur trésorerie ainsi que le développement des ETP et ETF spot à l’échelle mondiale constituent des sources de demande structurelle qui n’existaient pas lors des précédents cycles. Ces nouveaux acheteurs pourraient rendre le processus de formation d’un point bas à la fois plus court et moins profond qu’auparavant.

Cela dit, il est probablement prématuré d’affirmer que le pire est derrière nous. Les principaux niveaux de soutien de long terme pourraient encore être davantage testés si le ralentissement économique lié aux tensions avec l’Iran continue de brouiller les perspectives de politique monétaire et de peser sur la liquidité susceptible de revenir vers les actifs numériques. Par ailleurs, les nombreuses introductions en bourse attendues cet été dans les secteurs de l’intelligence artificielle et du spatial devraient continuer à capter l’attention et les capitaux des investisseurs institutionnels, des flux qui, historiquement, auraient pu se rediriger vers le bitcoin à ces niveaux de valorisation. Malgré ces incertitudes, la structure du cycle demeure intacte. Les corrections et la volatilité restent nettement plus contenues que lors des précédents marchés baissiers et, dès que le contexte macroéconomique s’améliorera ou que les capitaux reviendront vers les actifs risqués, le bitcoin disposera d’un potentiel significatif de rebond à partir des niveaux actuels.

A lire aussi...