La réaction sceptique aux résultats de Nvidia – pourtant supérieurs aux prévisions, avec une croissance du chiffre d’affaires de 73% sur un an – a une nouvelle fois illustré la prudence des investisseurs à l’égard de l’intelligence artificielle (IA). Le recul de 5,5% du cours de l’action lors de la séance suivant la publication constitue sa plus forte baisse post-résultats trimestriels depuis la même période l’an dernier.
Les hyperscalers devraient consacrer cette année près de 100% de leur free cash flow aux dépenses d’investissement, contre une moyenne d’environ 40% sur les dix dernières années, ce qui alimente les craintes d’un rythme d’investissement devenu excessif et susceptible de fragiliser le marché haussier.
La volatilité pourrait s’amplifier
Le recours accru à l’endettement – aussi bien sur les marchés cotés et non cotés – pour financer cette expansion pourrait amplifier la volatilité. Bien que ces craintes puissent paraître excessives, l’incertitude conduit certains investisseurs à se montrer plus réticents à payer des multiples historiquement élevés pour les valeurs technologiques.
Cette préoccupation pesant sur les actions américaines, les investisseurs chercheront à savoir si cette thématique évolue dans les semaines à venir. La Recherche d’UBS demeure optimiste à l’égard des marchés des actions dans leur ensemble, soutenus par une croissance économique résiliente, par des politiques budgétaires et monétaires favorables, ainsi que par une croissance bénéficiaire robuste.
Des incertitudes qui perdurent
Cela dit, la Recherche d’UBS est d’avis que les incertitudes sur les perspectives du secteur technologique vont persister et elle estime que le profil risque/rendement de ce secteur est désormais plus équilibré. Dans ce contexte, elle a récemment dégradé les technologies de l’information et les services de communication américains de Attractif à Neutre.
Toutefois, cette décision s’inscrit dans un élargissement du rally du marché des actions, avec notamment une amélioration des perspectives pour le secteur industriel. Elle table toujours sur un S&P 500 à 7700 points à la fin de 2026, porté par une croissance de 12% du bénéfice par action pour l’indice.