Du 1er au 4 septembre 2026, les acteurs suisses du développement durable se réuniront à Winterthur, en Suisse alémanique, à l’occasion du «Swiss Green Economy Symposium». Le thème de cette année est: «Agir! De manière innovante. Résiliente. Durable.»
C’est précisément le «passer à l’action» qui est déterminant. Car la question n’est plus, depuis longtemps, de savoir si l’économie doit devenir plus durable. Ce qui importe, c’est de savoir comment mettre en œuvre la durabilité tout en préservant la prospérité, la sécurité d’approvisionnement et la compétitivité.
La réponse est la suivante: grâce à l’innovation et à des chaînes d’approvisionnement résilientes. L’innovation permet de trouver de meilleures solutions. Les chaînes d’approvisionnement résilientes garantissent que ces solutions puissent être produites et mises à disposition.
La matière première la plus importante, c’est la connaissance
Pendant longtemps, la durabilité a été considérée avant tout comme une question environnementale et réglementaire. Pour les entreprises, cependant, c’est depuis longtemps une question de compétitivité.
Produire davantage avec moins d’énergie et de matières premières permet de réduire les coûts et l’impact environnemental. Développer de nouveaux matériaux et procédés de production permet de préserver les ressources et de conquérir de nouveaux marchés. En plus, diversifier ses chaînes d’approvisionnement et développer des alternatives technologiques permet de réduire les dépendances critiques et dangereuses.
Les entreprises ont besoin de conditions-cadres fiables et d’une marge de manœuvre entrepreneuriale suffisante.
Le développement durable et la réussite économique ne sont donc pas antinomiques. Correctement mis en œuvre, ils se renforcent mutuellement.
La Suisse, en particulier, dispose de conditions favorables à cet égard. Nous disposons de peu de matières premières naturelles, mais d’excellentes universités, d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et d’entreprises à forte intensité de recherche. Notre principale matière première est le savoir.
Définir des objectifs plutôt que des moyens
L’innovation ne s’impose toutefois pas par décret. Les entreprises doivent pouvoir investir, mener des recherches et tester de nouvelles technologies. Pour cela, elles ont besoin de conditions-cadres fiables et d’une marge de manœuvre entrepreneuriale suffisante.
Bien sûr, des règles et des objectifs clairs sont nécessaires. Mais la réglementation à elle seule ne rend ni les processus de production plus respectueux du climat, ni les chaînes d’approvisionnement plus résilientes. Au contraire, si les spécifications deviennent de plus en plus complexes et détaillées, cela mobilise des ressources qui font alors défaut à la recherche et aux investissements.
Une politique de développement durable efficace devrait donc s’attacher davantage à définir l’objectif à atteindre, plutôt que de prescrire la technologie ou le procédé que les entreprises doivent utiliser pour y parvenir.
L’ouverture technologique est ici essentielle. En effet, il est souvent impossible aujourd’hui de prévoir quelle solution s’imposera à terme.
La résilience ne naît pas du cloisonnement
Les chaînes d’approvisionnement illustrent bien l’importance de cette marge de manœuvre. La pandémie et les tensions géopolitiques ont mis en évidence leur vulnérabilité. Cela revêt une importance particulière pour la Suisse, qui est fortement intégrée au niveau international.
La réponse qui vient spontanément à l’esprit serait de rapatrier autant de production que possible et d’éviter les dépendances. Or, une indépendance totale n’est ni réaliste ni judicieuse sur le plan économique.
La résilience naît bien davantage de la diversification, de relations internationales fiables et de la capacité à s’adapter aux changements. Là encore, l’innovation est un atout: de nouveaux procédés de production permettent d’exploiter des matières premières alternatives, la numérisation apporte de la transparence dans les chaînes de valeur et la recherche ouvre de nouvelles perspectives technologiques.
Les marchés ouverts et la résilience ne sont donc pas antinomiques. Une économie largement interconnectée peut-être plus résiliente qu’une économie cloisonnée.
Donner suffisamment d’espace aux atouts
La Suisse dispose de nombreux atouts pour assurer un avenir durable et compétitif: savoir-faire, recherche, entreprises innovantes et une base industrielle solide.
La question décisive est de savoir si nous laissons suffisamment de place à ces atouts.
A long terme, la durabilité ne s’obtient pas par des renoncements ni par des spécifications toujours plus détaillées. Elle s’obtient lorsque les entreprises développent de meilleures solutions et peuvent les mettre en œuvre avec succès sur le plan économique.
C’est peut-être moins spectaculaire qu’un nouveau mot à la mode. Mais c’est précisément là que réside la force de la place économique suisse: la durabilité a besoin d’innovation – et l’innovation a besoin de bonnes conditions-cadres. Quiconque souhaite la durabilité doit donc investir aujourd’hui dans le pôle de recherche, d’innovation et de production de demain.