La pandémie est porteuse de transformations durables

Luca Paolini, Pictet Asset Management

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Le monde ne sort jamais indemne d’un choc. Tout comme les crises de 1970, 1980 et 2000, la Covid-19 est porteuse de transformations profondes.

Le monde ne sort jamais indemne d’un choc. Tout comme les crises de 1970, 1980 et 2000, la pandémie de Covid-19 est porteuse de transformations profondes, affirme Luca Paolini, chef stratège de Pictet Asset Management. Elle va bouleverser les modèles économiques, modifier les comportements de consommation et faire évoluer les lois et les réglementations.

Les investisseurs font face à un défi de taille. Ce que les marchés leur réserveront dans les cinq ans à venir dépendra en partie des mesures de relance exceptionnelles des Etats et des banques centrales. Ces dernières, qui ont déjà injecté des liquidités équivalant à 14% du PIB mondial cette année, vont tenter de plafonner les rendements obligataires, d’inverser les pressions déflationnistes en comblant les écarts de production dus à la crise et de stimuler la croissance. Elles disposent de la marge de manoeuvre nécessaire pour maintenir pendant un certain temps encore des politiques monétaires accommodantes.

Les marchés obligataires ont déjà intégré dans une large mesure ces éléments. Le potentiel de hausse apparaît donc faible, tandis que les risques de baisse pourraient être nombreux si les politiques mises en oeuvre parviennent à relancer la croissance et l’inflation. Les obligations d’Etat seraient alors particulièrement exposées. Les titres indexés sur l’inflation devraient toutefois surperformer dans un contexte de taux d’intérêt réels négatifs.

Les investisseurs obligataires devraient trouver des actifs générateurs de revenus à un bon prix sur le marché de la dette émergente en monnaies locales, d’autant plus lorsque ces monnaies sont sous-évaluées.

Les rendements des actions au cours des cinq prochaines années seront probablement eux aussi inférieurs à ceux de la décennie passée. Les valorisations sont élevées dans la phase actuelle du cycle conjoncturel. De plus, la croissance sera timide et les marges des entreprises resteront sous pression tant que les Etats envisageront des mesures peu favorables à l’activité économique.

A l’avenir, les rendements des actions des différents pays et régions devraient être plus homogènes qu’ils ne l’ont été ces dix dernières années, avec toutefois une sous-performance des Etats-Unis.

Les primes des actions américaines atteignent des niveaux record dans une monnaie coûteuse (le dollar devrait baisser dans les années qui viennent), alors que la croissance économique devrait ralentir pour rejoindre celle des autres pays développés.

Nous pensons que les actions européennes et asiatiques s’en sortiront mieux, et en particulier les actions chinoises. L’Asie devrait tirer profit de ses atouts dans le secteur technologique, où elle semble prête à dépasser les Etats-Unis. Dans l’ensemble, les secteurs des technologies, des biens de consommation de base et de la santé, relativement bien capitalisés et générateurs de liquidités, seront probablement les plus performants du marché actions.

Dans les cinq prochaines années, les investisseurs devront abandonner leurs portefeuilles mixtes traditionnels pour s’assurer des rendements réels intéressants à un chiffre. L’exposition aux marchés émergents, aux placements alternatifs, aux obligations d’Etat américaines indexées sur l’inflation et aux stratégies de rendement absolu sera essentielle. C’est à cette seule condition que les investisseurs pourront espérer un rendement réel de 5% par an. Compte tenu de la situation actuelle, ce sera déjà une performance honorable en ces temps incertains.

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