
Le statu quo monétaire de la Fed témoigne du haut niveau d’incertitude sur la croissance et l’inflation aux Etats-Unis. Les marchés intègrent néanmoins le biais à l’assouplissement réaffirmé par la réduction du resserrement monétaire. Les taux se sont stabilisés et les actions semblent sans tendance. L’or continue de constituer la valeur refuge.
Assouplissement stratégique de la Fed
La Réserve fédérale a révisé de 2,1% à 1,7% la croissance sur un an attendue à l’horizon du 4ème trimestre 2025. L’inflation sous-jacente est prévue en hausse à 2,8% contre 2,5% en décembre dernier. La hausse des tarifs douaniers pèse sur la demande tout en alimentant les anticipations d’inflation des ménages. Les points morts d’inflation ne montrent pas de dérive comparable aux enquêtes auprès des consommateurs, mais le risque d’un dérapage inflationniste augmente selon les membres du FOMC. La Fed table sur 2 baisses cette année. Le statu quo monétaire perdurera probablement jusqu’en juin où une baisse de taux de 25pb parait envisageable. Dans l’intervalle, Donald Trump aura sans doute statué sur le principe de réciprocité des tarifs accentuant la guerre commerciale. La décision est attendue le 2 avril prochain. Malgré des taux inchangés, la Fed a assoupli sa politique en réduisant le rythme du resserrement quantitatif (QT). L’encours de Treasuries au bilan diminuera de 5 milliards de dollars chaque mois à compter d’avril contre 25 milliards de dollars précédemment. La politique de réinvestissement des Mortgage-Backed security (MBS) est inchangée de sorte que le bilan s’amortira de 25 milliards de dollars par mois environ désormais. Une fois la contrainte du plafond de la dette levée, le Trésor devra reconstituer rapidement sa trésorerie au risque de créer des tensions sur la liquidité. Le ralentissement du QT relève de la gestion des risques.
La détente monétaire américaine a stabilisé le T-note autour de 4,25%. Le biais reste à l’assouplissement au sein du FOMC. Toute dégradation de l’activité et du chômage accélérerait le calendrier des baisses de taux. On retrouve une légère pression à la pentification de la courbe, notamment sur le spread 10-30 ans (+4pb sur la semaine). En zone euro, après le choc des plans d’investissement en Allemagne, le Bund s’échange de nouveau sous 2,80% (-11pb la semaine passée). Les taux longs allemands redeviennent attractifs pour les investisseurs de long terme, d’autant que la Banque Centrale Européenne semble décidée à poursuivre l’allègement vers 2%. Les spreads souverains continuent d’ignorer la volatilité sur les taux sans risque sous-jacents. L’OAT à 10 ans s’écarte d’1pb à 70pb, le BTP se resserre d’1pb (111pb). Parallèlement, les spreads de crédit oscillent autour de 85pb contre swap. Les flux vers la classe d’actifs ralentissent cependant à l’approche de la fin de trimestre. Les spreads sur le high yield européen se détendent de 5pb (311pb contre swap). Les valorisations des notations B et inférieures restent chères mais les flux se stabilisent. Les marchés d’actions ont bien accueilli l’assouplissement de la politique quantitative de la Fed et la volatilité s’atténue (VIX sous 20%). Cela étant, les intervenants prennent des profits sur les cycliques européennes. Les banques restent bien orientées et les services publics surperforment avec l’accalmie sur les taux à long terme.