La Fed de Warsh adopte une position belliciste

Christian Scherrmann, DWS

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Les dernières données ont clairement montré que la tendance à un assouplissement de la politique monétaire n'est plus justifiée.

Lors de la prochaine réunion du Comité fédéral de l'open market (FOMC), il faut s'attendre à ce que la Réserve fédérale américaine adopte une position restrictive. Les dernières données ont clairement montré que la tendance à un assouplissement de la politique monétaire n'est plus justifiée. Certains membres de la banque centrale l'avaient déjà réclamé lors de la dernière réunion et voient désormais leur opinion confirmée. L'inflation est trop élevée et le marché du travail semble tourner à plein régime. Cela n'entraîne toutefois pas nécessairement une pression salariale accrue. Les embauches continuent de se concentrer sur un petit nombre de secteurs, ce qui a fait baisser le taux d'activité ces derniers mois. Même si les embauches continuaient d'augmenter et se répartissaient plus largement, il y aurait suffisamment de réserves de capacité pour limiter la croissance des salaires. Il convient donc actuellement de se concentrer sur d'autres facteurs susceptibles d'influencer l'inflation sous-jacente, qui est pertinente pour la politique monétaire. Il semble que la pression sur les prix induite par les droits de douane ait atteint son pic. Il est important de garder à l’esprit que les droits de douane n’ont pas entraîné de hausse de l’inflation, mais ont freiné un processus de désinflation déjà en cours l’année dernière. Par conséquent, il est fort probable que la situation s’améliore dans les mois à venir. Dans le même temps, les prix élevés de l'énergie n'ont pas encore eu d'impact notable sur l'inflation sous-jacente. Si les prix du pétrole devaient se stabiliser ou baisser, les effets de second tour devraient rester limités. Le «Beige Book» de la Fed indique que les entreprises hésitent à augmenter leurs prix afin de ne pas nuire à la demande. Elles privilégient plutôt d'autres stratégies d'absorption des coûts.

Les anticipations d'inflation restent donc le thème central. Un bref aperçu des différents secteurs suggère que, si les anticipations d'inflation à long terme restent ancrées, elles le sont toutefois avec moins de certitude qu'il y a quelques mois. Les consommateurs, dont les anticipations d'inflation sont généralement plus élevées, se montrent de plus en plus inquiets face à cette situation. Dans l'industrie manufacturière, les enquêtes indiquent que les producteurs pourraient déjà anticiper leurs activités en raison de la hausse des prix. Ce n'est pas le cas dans le secteur des services, où les prix des intrants restent toutefois élevés. Les marchés, en revanche, semblent plus sereins, comme le montrent les swaps d’inflation à cinq ans. Cela devrait reposer sur la conviction que la Réserve fédérale américaine interviendra de manière décisive si nécessaire. À cet égard, nous estimons qu’un recalibrage de la fonction de réaction est actuellement suffisant. Une hausse des taux d’intérêt n’augmenterait pas l’offre de pétrole et ne résoudrait pas les problèmes géopolitiques. De plus, une hausse prématurée des taux d'intérêt comporte le risque d'une erreur de politique monétaire et pourrait, dans la situation actuelle, faire plus de mal que de bien. C'est pourquoi une intervention verbale est probablement la meilleure option à l'heure actuelle. Cela ajoute toutefois un niveau supplémentaire d'incertitude. Quelle sera la position du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, et comment interpréter ses déclarations? Il s'agit là d'un processus d'apprentissage tant pour les marchés que pour les analystes. Compte tenu de toutes ces incertitudes, nous maintenons notre estimation selon laquelle la Fed ne modifiera pas ses taux d'intérêt pour le reste de l'année. Nous soulignons toutefois que de nombreux facteurs pourraient influencer cette estimation au cours des prochains mois.

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