Roche espère avoir franchi en 2023 le creux de la vague

AWP

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Le chiffre d’affaires a fondu de 7% à 58,72 milliards de francs. Le groupe revendique néanmoins une infime mais inespérée croissance de 1% à taux de change constants. L'action décroche de 5,5%.

Le géant pharmaceutique et du diagnostic Roche confirme jeudi un recul de ses recettes comme de ses excédents l’an dernier, attribué à l’évaporation des recettes liées à la pandémie ainsi qu’à une érosion persistante des revenus de moteurs de ventes vieillissants soumis à la concurrence de biosimilaires. L’appréciation du franc a aussi laissé des traces dans les comptes d’une entreprise fortement orientée vers l’exportation, mais qui espère rapidement redresser la barre.

Le chiffre d’affaires a fondu de 7% à 58,72 milliards de francs. Le groupe revendique une infime, mais inescomptée croissance de 1% à taux de change constants. Le manque à gagner dans la franchise Covid-19 s’est élevé à 4,3 milliards et celui imputé aux biosimilaires des antricancéreux MabThera/Rituxan, Herceptin et Avastin à 1,1 milliard. Cette concurrence a gagné de nouveaux produits - comme le Lucentis - et son impact total s’est chiffré à 2,1 milliards.

La principale division Pharma a limité la contraction à 2%, pour des entrées de 44,61 milliards de francs, quand la contribution de Diagnostics a chuté de 14,1 milliards.

Rentabilité en berne

Les gains ont suivi une courbe plus que proportionnelle à celle des ventes, le résultat opérationnel (Ebit) de base reculant de 13% à 19,24 milliards. Les actionnaires se verront tout de même proposer un dividende relevé de 10 centimes à 9,60 francs par bon de jouissance, énumère le rapport d’activité.

La normalisation observée s’avère un peu plus sévère qu’anticipé par les analystes du consensus AWP. Le chiffre d’affaires était en moyenne attendu à 59,20 milliards et le bénéfice opérationnel ajusté à 20,21 milliards. Les pronostics pour la rémunération des actionnaires oscillaient autour de 9,63 francs.

Sur une base non ajustée, le bénéfice net attribuable aux actionnaires s’est étiolé de 7% à 11,50 milliards de francs.

La direction ambitionne de redresser la barre dès l’exercice en cours, le millésime 2023 devant constituer la fondation de la nouvelle normalité pour la multinationale rhénane. La croissance hors effets de change devrait remonter autour de 5% dès l’exercice en cours, accompagnée d’une évolution parallèle de l’excédent opérationnel. Les actionnaires doivent pouvoir compter sur un nouveau relèvement du dividende.

Les biosimilaires fomentent une nouvelle offensive

Le nouveau directeur général (CEO) Thomas Schinecker, en poste depuis moins d’un an, a indiqué en téléconférence de presse jeudi anticiper en 2024 un impact de 1,1 milliard de francs - contre 4,3 milliards en 2023 - de la disparition des recettes liées à la Covid-19, qui sera pour l’essentiel comptabilisé sur le premier trimestre.

Le lancement attendu en fin d’année d’une première version de substitution à l’antirhumatismal Actemra au pays de l’oncle Sam en revanche risque d’entretenir un manque à gagner imputable aux biosimilaires devisé à 1,6 milliard. Roche avait engrangé l’an dernier 2,6 milliards avec ce seul médicament.

Les analystes restent dubitatifs quant aux perspectives à court terme. Roche n’est pas «sorti du tunnel», avertit ainsi Eric Le Berrigaud, pour le compte de Stifel. Le retour annoncé de la croissance dès 2024 hors effets de change ne doit pas faire oublier que la base de comparaison n’est guère exigeante, d’autant que l’appréciation du franc devrait laisser des traces dans les comptes sur l’année en cours également, poursuit l’expert.

La feuille de route esquissée pour l’année en cours est timide, quoique conforme aux habitudes de Roche à cette période de l’année, juge Stefan Schneider, chez Vontobel.

A la Bourse, le bon de jouissance Roche a terminé en baisse de 5,5% à 233,50 francs, pesant sur le SMI, en recul de 1,05%.

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