Le dollar stagne mercredi avant la mise en oeuvre le jeudi 7 août de la plupart des droits de douane prévus par Donald Trump, tandis que certains pays tentent encore de négocier un accord commercial de dernière minute.
Vers 11h40, le billet vert lâche à peine 0,07% à l’euro, à 1,1584 dollar, et s’affiche quasiment stable (+0,01%) face à la livre britannique, à 1,3297 dollar.
La robustesse du dollar ne s’explique pas par «la confiance» des investisseurs: c’est «le calme des traders, figés en plein vol, attendant de voir où le prochain coup va être porté», estime Stephen Innes, analyste chez SPI AM.
Le président américain a menacé mardi de faire grimper la surtaxe sur les produits pharmaceutiques jusqu’à 250%, et d’augmenter «considérablement» les droits de douane de l’Inde à cause de ses achats de pétrole russe.
En dépit du défi que cela pourrait poser à l’économie du pays, la Banque centrale indienne (RBI) a maintenu mercredi son taux directeur inchangé à 5,5%.
A partir de jeudi, les produits de l’Union européenne (UE), du Japon ou de la Corée du Sud seront eux taxés à hauteur de 15%, ceux du Royaume-Uni à 10%. L’Indonésie subira 19%, le Vietnam et Taïwan 20%.
La Suisse, qui doit être frappée d’une surtaxe de 39%, espère encore un accord plus favorable. Sa présidente et son ministre de l’Economie sont arrivés en urgence à Washington dans cette optique.
Les droits de douane de 50% prévus sur les produits brésiliens sont de leur côté entrés en vigueur dès mercredi.
Le marché s’inquiète des répercussions négatives des droits de douane sur l’économie américaine depuis le rapport sur l’emploi américain en juillet publié vendredi.
La reprise du dollar a été interrompue mardi par le recul de l’activité dans les services en juillet aux Etats-Unis, selon une enquête de la fédération professionnelle ISM.
Par ailleurs, Donald Trump a dit mardi avoir une liste de quatre candidats pour prendre la tête de la puissante banque centrale américaine, la Fed.
«Même si Trump ne limoge pas Jerome Powell», le patron de la Fed, le président américain devrait choisir le nouveau membre du Conseil des gouverneurs «beaucoup plus tôt que prévu», ravivant les «inquiétudes quant à une éventuelle ingérence politique», souligne Derek Halpenny, analyste chez MUFG.