Le bitcoin dépasse les 98’000 dollars, la livre turque toujours en berne

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«La combinaison Trump- Musk», devenu bras droit du président élu, «est définitivement l’équipe de rêve pour le bitcoin», «dont le marché ne pouvait que fantasmer jusqu’à présent», résume Stephen Innes de SPI AM.

Le bitcoin dépasse les 98’000 dollars jeudi, le secteur continuant de se réjouir du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, tandis que la livre turque pâtit de l’inflation dans le pays, malgré le statu quo sa banque centrale.

Vers 11H05 GMT (12H05 à Paris), le prix de la cryptomonnaie la plus capitalisée au monde décollait de 3,88% à 98’134,06 dollars, écrasant ses précédents records.

«La combinaison Trump-Elon Musk», devenu bras droit du président élu, «est définitivement l’équipe de rêve pour le bitcoin», «dont le marché ne pouvait que fantasmer jusqu’à présent», résume Stephen Innes, analyste chez SPI AM.

Son cours a explosé de plus de 40% depuis la victoire du républicain le 5 novembre.

La monnaie numérique s’envole notamment face à la possibilité de devenir un actif conservé dans les réserves stratégiques américaines, et dans l’éventualité du remplacement de Gary Gensler, président du régulateur des marchés financiers (SEC) et ennemi juré du secteur.

L’arrivée de Donald Trump présage également d’une relance de l’inflation aux Etats-Unis.

Face à la perspective de taux américains demeurant élevés, les autres grandes banque centrales sont donc amenées à réviser leurs trajectoires monétaires, qui tendaient jusqu’ici vers un assouplissement monétaire.

Jeudi, la banque centrale de Turquie a maintenu son taux directeur à 50%, un niveau stable depuis mars.

Cette décision, largement anticipée par les analystes, n’a pas interrompu la glissade de la devise turque face à la force du billet vert, celle-ci perdant jeudi 0,15% à 34,52 livres turques pour un dollar, à des niveaux historiquement bas.

Tatha Ghose, de Commerzbank, rappelle qu’»il y a deux mois, la banque centrale turque avait supprimé de son communiqué les phrases concernant un resserrement supplémentaire et avait même fait allusion à d’éventuelles baisses de taux à moyen terme».

Mais ses éléments de langage sont devenus «plus agressifs» en raison d’une inflation «entêtée», et de projections d’inflation pour 2024 et 2025 revues à la hausse début novembre, note l’analyste.

«La tendance sous-jacente de l’inflation s’améliore, mais plus lentement que prévu», avait à cette occasion reconnu le gouverneur de la banque centrale turque, Fatih Karahan, excluant toute prochaine baisse de taux, «afin de garantir la poursuite de la désinflation».

Prise dans une spirale dévaluation-inflation, la Turquie connaît une inflation à deux chiffres sans discontinuer depuis fin 2019, qui fait exploser le coût de la vie dans le pays.

La hausse des prix, alimentée par la faiblesse de la livre turque, a légèrement ralenti à 48,6% en octobre par rapport au mois précédent, après un pic à 75,45% en mai. En retour, la monnaie nationale se déprécie à cause de la diminution du pouvoir d’achat dans cette devise.

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