La BoJ garde son cap monétaire et relève ses prévisions de croissance

AWP

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La BoJ prévoit désormais une croissance de 0,8% au Japon pour l’exercice 2019/20, contre 0,6% précédemment.


© Keystone

La Banque du Japon (BoJ) a légèrement relevé mardi ses perspectives de croissance, tout en abaissant ses prévisions d’inflation demeurant toujours très loin de son objectif de 2%, ce qui a incité l’institution à maintenir sa politique monétaire inchangée.

La BoJ prévoit désormais une croissance de 0,8% au Japon pour l’exercice 2019/20 (qui s’achèvera le 31 mars), contre 0,6% précédemment, ainsi qu’une croissance de 0,9% pour 2020/21, contre 0,7% auparavant, et de 1,1% pour 2021/22 (contre 1% anciennement), selon un communiqué.

Ces révisions à la hausse s’expliquent en partie par le plan de relance massif de 13’200 milliards de yens (116 milliards de francs) annoncé début décembre par le Premier ministre Shinzo Abe.

Ces investissements publics vont principalement servir à moderniser les infrastructures, acheter des équipements et accélérer l’innovation, ce qui devrait «contribuer à la hausse de la demande pour le secteur privé», a estimé mardi en conférence de presse le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda.

La BoJ a aussi souligné une «certaine atténuation» des risques pour l’activité économique mondiale, bien que ces derniers demeurent «toujours significatifs».

M. Kuroda a ainsi cité en exemple l’accord commercial préliminaire signé la semaine dernière entre les Etats-Unis et la Chine, qui devrait donner un répit à l’économie mondiale cette année, dont la croissance va rebondir tout en restant «poussive», avait déjà estimé lundi le Fonds monétaire international (FMI).

«Des désaccords persistent entre les Etats-Unis et la Chine, et je pense que le chemin vers un accord de deuxième phase est incertain», a prévenu M. Kuroda, évoquant également la récente montée des risques géopolitiques au Moyen-Orient.

Interrogé sur le nouveau coronavirus qui a déjà fait quatre morts en Chine et qui fait craindre une épidémie à grande échelle, M. Kuroda a estimé qu’il était «trop tôt» pour prédire son impact sur l’économie régionale.

«Pour l’heure je ne pense pas qu’il y aura un grand impact (...) mais nous suivons la situation de près», a-t-il toutefois glissé.

En mode «vitesse de croisière»

La BoJ a légèrement abaissé mardi ses prévisions d’inflation: elle anticipe désormais une hausse des prix au Japon de 0,6% en 2019/20 (contre 0,7% précédemment), de 1% en 2020/21 (contre 1,1% auparavant) et de 1,4% en 2021/22 (contre 1,5% anciennement).

Aussi l’institution a maintenu sa politique monétaire inchangée. Il s’agit notamment de l’application d’un taux négatif de 0,1% sur les dépôts des banques auprès d’elle et de rachats massifs d’obligations à dix ans de l’Etat japonais, à un rythme annuel théorique d’environ 80’000 milliards de yens (703 milliards de francs) afin que leurs rendements demeurent autour de zéro.

Ces deux mesures visent à inciter les banques nippones à prêter davantage leurs liquidités aux entreprises et aux ménages, afin de stimuler l’activité économique et la progression des prix.

Cependant la hausse des prix «demeure relativement faible» pour l’heure, une situation s’expliquant notamment par l’»attitude prudente» persistante des entreprises du pays sur les hausses de salaires et l’augmentation des prix, selon l’institution.

Ce, en dépit de la croissance et de situations de pénurie de main-d’oeuvre au Japon, frappé par un déclin démographique accéléré.

Les ménages nippons sont par ailleurs très sensibles aux hausses de prix. Le relèvement de deux points de la TVA au Japon, passée de 8% à 10% depuis le 1er octobre, devrait avoir entraîné une forte baisse de la consommation au quatrième trimestre 2019.

Les fluctuations de la demande avant et après ce relèvement de TVA semblent toutefois avoir été «contenues» par rapport à celles observées lors de la précédente hausse de cet impôt indirect en 2014, qui avait fait plonger l’économie japonaise en récession à l’époque, a estimé la BoJ.

Le contexte économico-financier est «beaucoup moins tendu pour la BoJ à présent», avait estimé plus tôt mardi Yuichi Kodama, économiste en chef chez Meiji Yasuda Life Insurance cité par l’agence Bloomberg.

«A moins que le yen n’augmente fortement», ce qui serait préjudiciable aux entreprises nippones exportatrices et donc à la croissance du pays, la BoJ va probablement rester en vitesse de croisière pour le restant de l’année», a ajouté M. Kodama.

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