La BoJ opte une fois encore pour le statu quo monétaire

AWP

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La BoJ a pris depuis 2013 maintes dispositions visant à atteindre un objectif d’inflation de 2%, lequel devait initialement être atteint en 2 ans, mais semble encore bien lointain.


© Keystone

La Banque centrale du Japon (BoJ) a sans surprise gardé jeudi inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, le tableau économique général n’ayant guère évolué, même si un ralentissement est à prévoir au Japon sur les derniers mois de l’année à cause d’une hausse de TVA en octobre.

La BoJ a pris depuis 2013 maintes dispositions visant à atteindre un objectif d’inflation de 2%, lequel devait initialement être atteint en 2 ans, mais il est encore bien loin.

Elle ne peut donc en aucun cas resserrer la vis, et n’a pas non plus beaucoup de marge pour assouplir davantage, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a pu réduire ses taux d’intérêts à plusieurs reprises cette année pour soutenir l’activité économique des Etats-Unis, avant de faire une pause.

Du coup, reprenant mot pour mot de précédents communiqués, la Banque du Japon précise qu’elle va continuer d’appliquer un taux négatif de 0,1% sur les dépôts des banques auprès d’elle, afin de pousser ces établissements à prêter davantage leurs liquidités aux entreprises et aux ménages.

Elle intervient aussi en rachetant massivement des obligations d’Etat japonaises, à un rythme annuel théorique d’environ 80.000 milliards de yens (environ 659 milliards d’euros), pour que les rendements obligataires à dix ans demeurent autour de zéro.

«En réalité, la banque centrale ne dispose que de très peu d’options efficaces», explique dans une note Naoya Oshikubo, économiste de Sumitomo Mitsui Trust Asset Management.

Alors que les cours des devises sont plutôt favorables aux entreprises nippones et que la Bourse de Tokyo va bien, l’application de dispositions supplémentaires, via notamment des taux négatifs accentués, «aurait des effets négatifs sur les institutions financières et perturberait la stabilité du système financier», souligne M. Oshikubo.

La BoJ se trouve donc de l’avis des analystes dans une situation d’attentisme, guettant désormais les effets des mesures prises par le gouvernement pour doper l’appétence des consommateurs et l’entrain des entreprises.

Une nouvelle salve de dispositions a été annoncée par le gouvernement qui, comme souvent, puise dans les caisses malgré une dette colossale, pour donner du tonus à l’économie. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a présenté au début du mois un vaste plan de soutien de 13.000 milliards de yens (108 milliards d’euros) censé éviter la récession.

«Des trois flèches des «abenomics» (levier monétaire, politique budgétaire et réformes structurelles du gouvernement Abe, NDLR), nous pensons que la politique budgétaire sera à l’avenir le principal outil», juge M. Oshikubo.

Le diagnostic économique de la BoJ reste peu ou prou le même: «l’économie évolue sur une tendance de croissance modérée, même si le moral des entreprises montre quelques faiblesses», affecté par la conjoncture internationale dégradée et les répercussions des catastrophes naturelles au Japon.

Bien que la consommation des ménages japonais ait chuté de 5,1% sur un an en octobre, la BoJ estime que l’impact de la hausse à 10% (au lieu de 8%) de la TVA japonaise le 1er octobre dernier n’aura qu’un impact limité et que la demande intérieure continuera sur une trajectoire positive.

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