La Banque d’Angleterre à l’heure des choix face à la pandémie

AWP

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La BoE pourrait choisir d’accroître son programme d’encore 200 milliards de livres ou décider de rester les bras croisés en disant simplement qu’elle se tient prête à faire plus.

La Banque d’Angleterre doit dévoiler jeudi ses prévisions économiques, les premières depuis que la pandémie de Covid-19 s’est propagée dans le monde entier, et annoncer si elle instaure de nouvelles mesures pour faire face à la crise.

Après avoir déjà abaissé son taux d’intérêt directeur à 0,1% en mars, un plus bas historique, et augmenté son programme de rachat d’actifs de 200 milliards de livres pour le porter à 645 milliards, l’institution n’a pas donné d’orientation claire sur ce qu’elle compte faire.

«La Banque d’Angleterre pourrait choisir d’accroître son programme d’encore 200 milliards de livres ou décider de rester les bras croisés en disant simplement qu’elle se tient prête à faire plus», a expliqué Neil Wilson, analyste pour Markets.com. Avec plus de 28.000 morts, le Royaume-Uni est le deuxième pays d’Europe le plus touché, derrière l’Italie.

La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont opté pour le second cas de figure, après avoir déjà versé des milliards de dollars et d’euros de liquidités ces deux derniers mois.

En dehors de son soutien à l’activité, par le biais de sa politique monétaire, la Banque d’Angleterre a octroyé il y a un mois une facilité de paiement pour le gouvernement, et autorisé ce dernier à un découvert de 20 milliards de livres.

Si le montant reste anecdotique par rapport à la masse monétaire créée depuis le début de la crise, c’est le premier prêt d’une telle ampleur accordé au gouvernement britannique depuis la crise de 2008.

Cette décision a d’ailleurs occasionné des critiques à l’égard de l’institution, qui a dû se défendre, quand bien même le gouvernement a promis de rembourser cet argent aussi rapidement que possible.

Les mesures mises en place pour atténuer les conséquences économiques des consignes sanitaires vont en effet coûter extrêmement cher aux Etats, ce qui alimente les craintes d’une crise de dettes souveraines.

Prévisions «lugubres»

Comme à chaque trimestre, la Banque d’Angleterre dévoilera également ses dernières prévisions de croissance et d’inflation, et elles risquent d’être «lugubres», ont estimé les analystes de FXTM.

Fin janvier, avant que le Covid-19 ne contamine l’Europe, la BoE avait déjà sabré dans son estimation de 2020, signalant une progression du produit intérieur brut à +0,8% (contre 1,2% dans le rapport datant de novembre).

Mais entre-temps, Gertjan Vlieghe, membre du Comité de politique monétaire, a indiqué que le Royaume-Uni était parti pour connaître une récession «plus rapide et profonde que tout ce à quoi nous avons assisté au siècle précédent, voire depuis plusieurs siècles» à cause de la pandémie.

Et mi-avril, l’Office for Budget Responsibility (OBR), un organisme public, a averti d’une possible chute de 13% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020 si le confinement venait à durer trois mois et à être suivi de trois mois d’assouplissement progressif.

Selon la presse, le Premier ministre Boris Johnson compte annoncer dimanche un plan de déconfinement par étapes.

Enfin, la BoE publiera également un avant-goût du rapport sur la stabilité financière, attendu en juillet, qui devrait notamment donner une indication sur le degré de solidité du système bancaire britannique.

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