Les droits de douane que les Etats-Unis imposeront sur les importations de l’UE frapperont indirectement les entreprises suisses, avertissent lundi les associations économiques helvétiques. Mais le taux de 15% prévu n’est qu’un moindre mal, ajoutent-elles alors que Berne attend toujours une décision.
Pour economiesuisse, l’accord annoncé dimanche soir «limite les dégâts». Principal partenaire commercial de l’économie helvétique, l’Union européenne dispose désormais au moins d’une certaine sécurité juridique, a déclaré lundi Jan Atteslander, membre de la direction de la faîtière de l’économie, à la radio alémanique SRF.
Sur le fond, c’est une bonne nouvelle pour la Suisse, mais un taux de 15% est un droit de douane très élevé qui entrave la dynamique du commerce, a-t-il ajouté. La Suisse et ses entreprises sont indirectement touchées par cet effet de frein, car elles font partie de la chaîne de création de valeur: «Si l’on ajoute 15%, cela freine naturellement la demande américaine», a expliqué M. Atteslander.
Davantage de compétitivité
La faîtière de l’industrie des machines Swissmem et l’association professionnelle Interpharma soulignent elles aussi les effets négatifs indirects sur l’économie suisse. Swissmem s’attend ainsi à un recul de la demande en produits industriels helvétiques.
La Suisse sera touchée parce qu’elle livre de nombreux produits de base et composants pour des produits européens qui seront ensuite frappés par les droits de douane américains lors de leur exportation vers les Etats-Unis, explique-t-elle sur X. L’association demande plus de compétitivité pour amortir d’autres chocs.
Concernant les produits pharmaceutiques, on ignore pour le moment quand les droits de douane américains entreront en vigueur. Cela dépend de la clôture de l’enquête américaine sur ce type de produits.
Scenario du pire évité
Le taux de 15% annoncé semble éviter pour le moment le scénario du pire, a déclaré un porte-parole d’Interpharma à Keystone-ATS. Mais il est clair que même un tel droit de douane a des conséquences négatives importantes pour la Suisse. Il affaiblit durablement le site de recherche et de production.
Pour rester compétitifs, la Suisse et l’Europe doivent d’autant plus résolument renforcer leurs conditions d’implantation, a poursuivi le porte-parole.
L’industrie pharmaceutique suisse investit considérablement aux Etats-Unis et y contribue à la recherche, à la production et à l’emploi. Selon Interpharma, les mesures protectionnistes sapent ce partenariat étroit.
Berne dans l’attente
A Berne, les départements fédéraux compétents ont pris connaissance de l’accord conclu entre Bruxelles et Washington, a indiqué un porte-parole du Département fédéral de l’économie (DEFR). La Confédération est de son côté menacée de se voir imposer une surtaxe de 31% à partir du 1er août, contre 10% actuellement.
Berne et Washington se sont mis d’accord sur une déclaration d’intention et le Conseil fédéral l’a déjà approuvée, a précisé le porte-parole. Il manque encore le feu vert des Etats-Unis. Le Conseil fédéral communiquera activement dès que ce sera le cas ou dès qu’il y aura un autre développement pertinent pour le public, selon lui.