Allemagne: récession contenue en 2020 malgré le retour du virus

AWP

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«Le PIB devrait chuter de 5,1% sur l’ensemble de l’année 2020», estime l’influent comité des sages économiques dans son rapport remis à Angela Merkel.

L’économie allemande devrait se contracter moins que prévu cette année, malgré la seconde vague de COVID-19, grâce aux politiques publiques de relance mises en place contre la crise, a assuré mercredi l’influent comité des sages économiques.

«Le PIB devrait chuter de 5,1% sur l’ensemble de l’année 2020», estime l’organisme, composé de cinq experts, dans son rapport annuel remis à la chancelière Angela Merkel.

En juin les «sages» prévoyaient encore une chute de 6,5% de la première économie de la zone euro.

Désormais, leurs prévisions surpassent celles du gouvernement allemand, qui table sur une récession de 5,5%.

Le niveau du PIB d’avant crise devrait être retrouvé «dès le premier trimestre 2022», avec une croissance de «3,7% en 2021».

La raison de cette amélioration: «la solide reprise de l’été», permise par l’accalmie sanitaire entre juin et septembre.

Et la seconde vague de COVID-19, qui frappe l’Europe depuis plusieurs semaines, aura un effet limité sur la croissance allemande tant qu’un «confinement semblable à celui du printemps est évité».

L’Allemagne a fermé, pour un mois, ses bars, restaurants, lieux de loisir et de culture. Mais contrairement au mois de mars, les usines et les commerces continuent de fonctionner.

Les «sages» soulignent l’importance des «vastes mesures de politique monétaire et budgétaire qui ont soutenu l’économie» ces derniers mois, en rupture avec des décennies de discipline budgétaire.

«Les décideurs politiques ont agi rapidement et de manière décisive», affirment-ils dans leur rapport.

L’Allemagne a débloqué en mars 1’000 milliards d’euros pour financer des aides directes, prêts garantis et chômage partiel, et a lancé en juin un plan de relance de 130 milliards d’euros.

Ce programme devrait apporter entre 0,7% et 1,3% supplémentaire au PIB allemand en 2020 et entre 0,6 et 1% en 2021, estiment les experts.

La situation économique est toutefois «fragile», prévient Lars P. Feld, le président du conseil.

Les «sages» appellent désormais à penser l’après-crise, et préparer dès à présent une «normalisation» des politiques économiques.

Les mesures de soutien - qu’elles soient monétaires ou budgétaires- devront cesser, dès lors qu’une «amélioration nette de la situation économique sera atteinte», affirment-ils.

Pour amortir la crise, l’Allemagne a exceptionnellement levé le «frein à l’endettement», inscrit dans la Constitution depuis 2011, qui interdit au gouvernement fédéral d’emprunter chaque année plus de 0,35% de son PIB.

Mais ce frein «fait toujours partie de la Loi fondamentale et doit rester un principe directeur pour les années à venir», a souligné la chancelière Angela Merkel lors de la remise de ce rapport.

Berlin a prévu de se réaligner sur cette règle d’endettement à partir de 2022.

Selon les «sages», la dette du pays devrait atteindre 72,1% du PIB cette année, contre 59,5% en 2019, puis repartir à la baisse à 71,1% en 2021.

L’Allemagne devra alors affronter ses problèmes structurels, souligne le rapport : la «digitalisation», le «changement climatique» et le «vieillissement démographique».

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