Le fabricant d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques Schindler pense réussir à manoeuvrer entre les droits de douane et les effets de change, après un solide premier semestre. Les investisseurs ont vu les choses autrement, sanctionnant le titre en bourse.
L’entreprise d’Ebikon table sur «un bon cash flow» en 2025, a précisé le directeur général Paolo Compagna lors d’une conférence téléphonique vendredi, même si «l’on n’ira pas jusqu’au niveau exceptionnel de 2024», a tempéré la cheffe des finances Carla De Geyseleer. Les flux de liquidités issus des opérations ont atteint 703 millions de francs après six mois, en hausse de 4%.
Le groupe a fait face à «de forts vents contraires» en matière de devises, a ajouté la CFO. Elle dit s’attendre à un «impact similaire pour les deux prochains trimestres». L’appréciation du franc a pesé à hauteur de 205 millions de francs à fin juin.
Maîtrise des droits de douane
Autre boulet, l’effet brut des droits de douane américains. Il est estimé à 20 millions de francs sur le résultat d’exploitation (Ebit), «hors escalade» qui pourrait se produire à partir du 1er août, nouvelle date butoir fixée par le président américain Donald Trump. Le groupe lucernois pense pouvoir «juguler l’influence» des surtaxes, a insisté le patron du groupe qui a engrangé un bénéfice de 531 millions de francs à mi-parcours, en hausse de 7,5%.
L’entreprise se dit confiante de réaliser ses ambitions annuelles, visant une poussée de croissance hors effets de change plafonnée sous 5%, assortie d’une marge Ebit d’environ 12%.
Pour cela, elle compte sur «les améliorations de l’efficience opérationnelle, qui commencent à se monétiser», a expliqué la trésorière. L’Ebit a augmenté de 9,2% sur six mois à 675 millions de francs, pour une marge augmentée à 12,3% après 11,0%.
La direction observe certes «un déclin dans les nouvelles installations» en Chine, mais estime que les «opportunités d’affaires sont dans les services et la modernisation» dans le pays, a assuré la cheffe des finances. Elle ne voit pas de changement dans la zone Amérique.
De janvier à juin, les prises d’ordres ont augmenté de 1,8% à 5,9 milliards de francs, tandis que les recettes ont perdu 1,9% à 5,5 milliards. Le carnet de commandes a décliné de 3,4% à 8,0 milliards par rapport à fin décembre.
Vontobel estime que le groupe fait preuve d’une forte résilience, dans un environnement de marché marqué par des turbulences et des distorsions en matière de devises.
Les investisseurs, eux, ont boudé le bon Schindler qui a clôturé en baisse de 1,1% à 296,20 francs, dans un indice SLI en hausse de 0,25%.