Plus de 200 titres chinois entrent au MSCI

AWP

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Les investisseurs restent toutefois attentistes face à ces «marchés-casinos».

Les Bourses de Chine continentale s’entrouvrent un peu plus au monde: quelque 230 actions cotées à Shanghai ou Shenzhen ont été intégrées vendredi à un indice international MSCI, mais cela peinait dans l’immédiat à convaincre les investisseurs, encore attentistes face à ces «marchés-casinos».

Le géant des spiritueux Kweichow Moutai, le constructeur automobile SAIC, l’expert de l’électroménager Midea... autant de poids lourds des cotes chinoises qui ont intégré la composition de l’indice MSCI dédié aux marchés émergents.

Certes, ce privilège, largement symbolique, n’a pas empêché les titres concernés de reculer pour la plupart nettement vendredi, à l’unisson de la Bourse de Shanghai.

MSCI, société de services financiers basée à New York, établit des indices boursiers associant des actions choisies sur les diverses places du globe: ces indices servent ensuite de guide aux investisseurs institutionnels, qui les suivent de près pour composer leurs portefeuilles.

MSCI avait annoncé en juin 2017 sa décision d’intégrer à son indice «Marchés émergents» des actions chinoises, pour la toute première fois -- une décision concrétisée vendredi.

Pour autant, seul un nombre très limité d’actions chinoises ont été choisies, et elles ne pèsent au total que 0,39% de l’indice, une fraction minuscule qui peut expliquer l’absence d’impact immédiat sur les cours.

«A l’avenir, nous verrons davantage de capitaux aller vers (ces titres chinois), mais ce n’est pas pour tout de suite», avertit Jackson Wong, analyste du courtier Huarong.

Selon lui, les investisseurs étrangers restent très circonspects et méfiants à l’égard des Bourses de Shanghai et Shenzhen, qui continuent de traîner une réputation de «casinos» aux allures de montagnes russes.

L’essentiel des investisseurs locaux sont des «boursicoteurs» particuliers, réputés irrationnels et suivistes, dont l’imprévisibilité nourrit la forte volatilité des cours... tandis que l’interventionnisme endémique de l’Etat chinois sur les marchés inquiète.

De plus, le manque de transparence des firmes chinoises, souvent très endettées et à la gouvernance opaque, entraînent des scandales réguliers.

Enfin, en raison des restrictions qu’impose toujours le régime communiste sur les mouvements de capitaux, les Bourses chinoises restent largement isolées et il demeure compliqué pour un investisseur étranger d’y réaliser des opérations, en dépit de plateformes d’échanges connectant Shanghai et Shenzhen à Hong Kong.

Dans ce contexte, «beaucoup de gens font preuve d’attentisme, ils ne vont pas se précipiter sur des actions en yuans immédiatement», prévient M. Wong.

MSCI table néanmoins sur un afflux rapide de 17 milliards de dollars vers les titres chinois, avec un doublement de ce volume dans les prochaines années.

De quoi satisfaire Pékin, qui rêve d’ouvrir davantage -- mais progressivement -- ses marchés financiers, tout en encourageant l’usage du yuan à l’international.

«Mais il s’agit moins d’intégration que d’une maturation en Chine même» en «mettant la pression sur les entreprises», souligne Martin Wheatley, conseiller du fonds spéculatif Oasis, sur Bloomberg TV.

L’exposition inédite au regard acéré d’actionnaires et d’analystes étrangers pourrait inciter les entreprises chinoises concernées à améliorer leurs normes comptables et leur communication, juge-t-il.

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