Les bourses mondiales s’octroient une respiration mardi, à la veille des annonces de Donald Trump, très attendues, sur l’ampleur des droits de douane qu’il menace d’imposer aux partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Après quatre séances de pertes sur les marchés européens, les principales places du continent ont ainsi repris un peu de hauteur: la Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,10%, Francfort de 1,70%, Milan a avancé de 1,33% et Londres s’est offert 0,61%.
La séance sur le Vieux continent a notamment été portée par la publication de l’inflation dans la zone euro qui s’est encore rapprochée de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).
«Le premier jour du mois et du deuxième trimestre peut amener un peu d’optimisme» supplémentaire, dans un marché soutenu par «un euro fort, une inflation contenue et de la confiance sur une prochaine baisse des taux de la BCE», énumère Charles de Riedmatten, gérant actions chez Myria AM.
Les tensions commerciales avec les Etats-Unis restent toutefois sur le devant de la scène. «Les marchés reprennent leur souffle en attendant le verdict sur les droits de douane réciproques mercredi» promis par Donald Trump, a ajouté Pierre Bismuth, directeur général et responsable des gestions de Myria AM.
A Wall Street, le S&P 500 avançait de 0,36% vers 15H50 GMT, le Dow Jones de 0,14% et le Nasdaq de 0,81%.
«Les investisseurs misent sur le fait que le pire en matière de droits de douane a déjà été annoncé» et que les annonces de mercredi «ne réserveront pas de grande surprise négative», estime Jochen Stanzl, chez CMC Markets.
Face à l’imprévisibilité de la politique économique aux Etats-Unis, les investisseurs se sont tournés vers les valeurs traditionnellement qualifiées de «refuge», comme l’or ou encore les obligations souveraines.
L’once d’or évoluait vers 15h50 GMT à 3.124,54 dollars, peu après avoir atteint un nouveau sommet historique à 3.149,00 dollars.
Sur le marché obligataire, les taux auxquels les Etats européens empruntent à échéance dix ans se détendent nettement: l’Allemand était à 2,68% contre 2,74% à la clôture lundi, le Français à 3,40%, contre 3,45%, l’Italien à 3,79% contre 3,87%. Le taux américain à même échéance évoluait à 4,15%, après avoir terminé à 4,21% lundi.
Côté devises, le billet vert prenait 0,14% face à la monnaie unique, à 1,0801 dollar pour un euro.
Johnson & Johnson dans la tourmente judiciaire
Le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson abandonnait 4,92% à New York après que la justice américaine a rejeté son offre proposant de verser quelque 8 milliards de dollars - environ 6,5 milliards de dollars en valeur nette - pour des cancers gynécologiques liés à des produits à base de talc, en raison d’irrégularités lors du processus.
PVH salué
L’entreprise américaine de prêt-à-porter PVH, propriétaire de Tommy Hilfiger et Calvin Klein, s’envolait de 16,38% à Wall Street après avoir réalisé des résultats meilleurs qu’attendu au quatrième trimestre de son exercice.
Travis Perkins déçoit
Le groupe britannique de matériaux de construction et de bricolage Travis Perkins a fortement reculé de 9,35% à Londres après avoir fait état d’une perte nette de 77 millions de livres sterling à l’issue de son exercice fiscal 2024, contre un bénéfice de 38 millions de livres un an plus tôt, selon un communiqué du groupe publié mardi.
Thyssenkrupp content, Commerzbank bondit
A Francfort, l’industriel Thyssenkrupp s’est envolé de 5,93% à Francfort, poussé par une note positive du courtier Kepler.
Ailleurs à la cote allemande, la banque Commerzbank s’est offert un bond de 7,39%.
Le pétrole hésitant
Les cours du pétrole sont calmes en attendant le couperet des droits de douane promis par Trump. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 74,81 dollars (+0,05%), et son équivalent américain, le WTI, à 71,49 dollars (+0,01%).
Le bitcoin grappillait 1,45% à 85’121 dollars.