Les cours du pétrole pataugent mercredi, à quelques heures d’une possible annonce par les Etats-Unis d’une nouvelle salve de droits de douane tous azimuts.
Le marché du pétrole devrait se montrer «attentiste» jusqu’à ce que les plans tarifaires de Donald Trump soient plus clairs, selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste de Global Risk Management.
«Demain, c’en sera fini de dépouiller l’Amérique», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, indiquant que les nouvelles taxes entreraient en vigueur «immédiatement».
Elles doivent être exposées mercredi, «jour de la libération», selon Donald Trump, à 16H00 heure des Etats-Unis (20H00 GMT).
«Nous savons que ce sera négatif pour le commerce, pour la croissance économique et donc pour la demande de pétrole», souligne Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, «mais nous ne savons pas à quel point ce sera grave, car les effets ne se feront sentir qu’un peu plus tard».
Vers 09h30 GMT (11h30 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, perdait à peine 0,11% à 74,41 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, reculait tout juste de 0,08% à 71,14 dollars.
Depuis le début de l’année, le cours de l’or noir fait «des montagnes russes entre des sanctions» américaines faisant monter les prix «et des droits de douane les tirant à la baisse», résume M.Schieldrop.
De 82,63 dollars après les sanctions de Joe Biden contre la Russie, le prix du baril de Brent était tombé à 68,33 dollars début mars avec les annonces tarifaires de Donald Trump et sa volonté de «forer à tout-va». Il s’était ensuite redressé, notamment avec le renforcement des sanctions américaines contre le secteur pétrolier de l’Iran et du Venezuela.
En arrière-plan, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), menée par l’Arabie saoudite, s’affaire à maintenir une stabilité des prix dans un environnement géopolitique mouvementé.
Elle dispose d’une énorme capacité de production excédentaire qu’elle tente de réintroduire progressivement sur le marché, sans faire dégringoler le cours du brut.
Le cartel a ainsi ajouté 138.000 barils quotidiens en avril à sa production programmée. S’y ajoutant, «les rumeurs indiquent qu’une augmentation similaire de la production en mai sera confirmée demain», signalent les analystes de DNB Markets.
Mais dans le même temps, l’organisation cherche à renforcer le respect des quotas par ses membres, et en mars, la production de l’Opep était en baisse de 110.000 barils par jour par rapport au mois de février, selon Bloomberg.