Changement de sentiment sur les marchés – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Pierre-François Donzé, Karine Patron, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Les récentes annonces aux Etats-Unis et leurs retombées ont engendré une rotation des secteurs les plus impactés aux hausses tarifaires au profit de valeurs refuges ou de secteurs défensifs moins sensibles au commerce extérieur.

Les craintes liées à la croissance américaine, les tensions commerciales, les tractations autour d’un cessez-le feu en Ukraine, le programme de relance en Allemagne et la résurgence d’un risque de paralysie de l’administration américaine ont contribué à l’augmentation de l’incertitude.

La Fed devrait maintenir ses taux inchangés

Ces facteurs ont engendré une rotation des secteurs les plus impactés aux hausses tarifaires au profit de valeurs refuges ou de secteurs défensifs moins sensibles au commerce extérieur.

Aux Etats-Unis, le S&P 500 est entré en territoire de correction qui s’explique par des craintes croissantes de récession entraînées par un manque de visibilité dû à la guerre commerciale et dénote un sentiment de marché plus pessimiste. La paralysie de l’administration fédérale américaine a été évitée de justesse vendredi, grâce aux voix concédées à contrecœur par quelques sénateurs démocrates au texte budgétaire républicain. Les données de l’inflation de février ont été publiées légèrement inférieures aux attentes mais n’intègrent pas encore l’impact des surtaxes douanières. La Fed maintiendra probablement ses taux inchangés lors de sa réunion de mercredi. Pour l’instant, une éventuelle baisse des taux est envisagée pour le second semestre 2025.

En Europe, le plan de relance économique allemand a été un facteur tant de turbulence que d’optimisme. En effet, ce fonds de 500 milliards d’euros ajouterait environ 1% de croissance supplémentaire par année sur 10 ans. Après des négociations intensives, les Verts ont accepté de soutenir ce plan, permettant d’atteindre la majorité des deux tiers nécessaires à modifier la Constitution. La réforme constitutionnelle sera soumise au vote du Bundestag demain puis devra être ratifiée par le Bundesrat. Les tractations autour de ce plan, mais aussi les discussions sur l’augmentation des budgets de défense, ont alimenté les anticipations d’une offre accrue de dette souveraine, exerçant une pression à la hausse sur les rendements obligataires.

Le rendement à 10 ans allemand a terminé la semaine à 2,87% et le 10 ans américain, lui, s’est stabilisé autour des 4,30%.

L’économie suisse fait preuve de résilience

Le franc suisse a bénéficié de son statut de valeur refuge, s’appréciant face au dollar. L’économie suisse a continué de faire preuve de résilience face aux turbulences mondiales. Au niveau de la guerre commerciale, la Suisse peut espérer échapper à la chasse aux sorcières puisqu’elle n’applique pas de droits de douane aux biens importés des Etats-Unis, mais sera affectée de manière indirecte des tarifs infligés à ses autres partenaires commerciaux, l’Allemagne et la Chine en tête. La BNS qui se réunit jeudi abaissera probablement son taux directeur à 0,25%

Les indices boursiers chinois ont connu une bonne semaine, stimulés par les attentes de nouvelles mesures de relance économique, notamment des subventions et une expansion du crédit à la consommation et grâce à un réel engouement autour de la thématique de l’essor technologique lié à l’intelligence artificielle. Cela dit, la publication de données décevantes sur les importations et exportations chinoises, ravive les inquiétudes commerciales. Le gouvernement chinois a fixé un objectif de croissance d’environ 5% pour 2025. Pour atteindre cet objectif, une politique monétaire accommodante et flexible, qui comprendra de potentielles baisses des taux et de ratios de réserves obligatoires, est attendue.

Sur la semaine, l’indice S&P 500 a perdu 2,27%, le Nasdaq 2,43% et le Stoxx Europe 600 1,22%.

L’essentiel en bref

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