Une présence physique forte à Zurich

Yves Hulmann

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Charles-Henri Sabet, CEO de FlowBank, explique les raisons de l’expansion de la banque en Suisse alémanique et celle de son offre dans les crypto-actifs.


© Eddy Mottaz, Le Temps

A peine une année après son lancement, la banque genevoise FlowBank ouvre des bureaux au cœur du quartier financier de Zurich. Par la même occasion, FlowBank annonce l’arrivée d’un nouvel actionnaire stratégique, CoinShares International, un pionnier en matière d’investissements dans les actifs numériques, coté sur le Nasdaq Growth Market, le marché qui regroupe les entreprises de croissance en Suède. Cette association confirme la volonté de FlowBank de «transcender les méthodes traditionnelles d’investissement en offrant à sa clientèle un accès aisé et sûr à l’univers de la finance décentralisée», comme le formule la banque dans un communiqué. Quelles sont ses priorités en matière d’offre de services et quelles sont les raisons qui l’ont motivé à ouvrir un bureau à Zurich? Entretien avec Charles-Henri Sabet, fondateur et directeur de FlowBank.

Un an après avoir débuté ses activités, FlowBank va prendre pied en Suisse alémanique en s’implantant à Zurich. Pourquoi franchir ce pas maintenant?

En tant que banque basée en Suisse, il est normal que nous soyons aussi présents dans la partie alémanique du pays qui représente les deux tiers de la population helvétique. Avec environ les deux tiers de nos clients en Suisse alémanique, je pense qu’il est logique nous soyons aussi présents à Zurich.

«Outre notre forte présence en ligne, il est crucial pour nous que nous ayons également une présence physique forte qui transmette cette nouvelle approche bancaire.»
Cette implantation en Suisse alémanique va-t-elle aller au-delà des seules activités de représentation – est-il envisagé que FlowBank gère aussi certaines opérations à partir de Zurich à l’avenir?

Toutes nos opérations continueront d’être conduites à partir de Genève. Outre notre forte présence en ligne, il est crucial pour nous que nous ayons également une présence physique forte qui transmette cette nouvelle approche bancaire. A Zurich, nous sommes situés à la Löwenplatz, qui, dans 50 ans, pourrait être LE centre de services bancaires. Qui sait?

Le contact direct avec la clientèle reste-t-il important à l’heure du tout numérique?

C’est toujours le cas pour une partie de la clientèle. Bien sûr, il y a aujourd’hui une partie des clients qui préfèrent tout faire en ligne et qui ne décrocheront jamais un téléphone, pas plus qu’ils ne se rendront dans une filiale. Cependant, il y a aussi des clients qui ont besoin de pouvoir «toucher» la banque et d’avoir une personne de contact auprès d’un établissement.

En étant présent à Zurich, ambitionnez-vous aussi de gagner des clients issus de l’ensemble de l’espace germanophone?

Oui, des clients qui habitent en Allemagne ou en Autriche peuvent bien sûr s’adresser à FlowBank pour ouvrir un compte. En revanche, nous ne faisons pas de démarchage actif dans ces pays.

«FlowBank app est simple et intuitive. FlowBank Pro s’adresse à une clientèle qui a des besoins plus sophistiqués.»
Lorsque vous avez lancé FlowBank, vous insistiez sur la nécessité de démocratiser le trading pour tous. En même temps, vous proposez aussi une application comme FlowBank Pro qui cible les investisseurs professionnels. A quelle catégorie de clients allez-vous vous adresser prioritairement ces prochaines années?

Nous allons continuer de proposer plusieurs offres distinctes qui s’adressent à différentes catégories d’utilisateurs. Nous avons, d’un côté, une application facile d’utilisation, FlowBank app, qui est simple et intuitive. De l’autre, FlowBank Pro s’adresse à une clientèle qui a des besoins plus sophistiqués. S’y ajoute aussi une solution spécifique appelée MetaTrader (MT4) qui s’adresse aux personnes qui font du trading à haute fréquence. Notre client final est un client privé mais il y a plusieurs façons de répondre à ses attentes.

L’hiver dernier, l’application gratuite de trading américaine Robinhood a beaucoup fait parler d’elle en lien avec la société Gamestop. L’arrivée de plateformes gratuites, ou presque, menace-t-elle votre modèle d’affaires?

Je ne le pense pas. Dans le trading, tout comme pour toutes sortes d’autres services, on voit de plus en plus apparaître des sociétés qui proposent une offre gratuite pour certains services de base mais qui devient payante lorsque l’on veut bénéficier de services plus sophistiqués. Cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble des services vont devenir gratuits dans le domaine du trading.

«Dès 2022, nous lancerons la tokénisation qui rend accessibles aux clients des classes d'actifs qui n’étaient abordables que pour une clientèle très fortunée.»
Hormis le négoce de titres classiques comme des actions, quels sont les instruments qui sont recherchés par les utilisateurs actuellement?

Il en existe plusieurs. Les actions fractionnées, par exemple, constituent une façon d’investir qui est populaire auprès de certains investisseurs. Ce sont des instruments qui permettent d’acheter une fraction d’actions, ce qui rend certains titres plus accessibles pour les investisseurs. Nous proposons une quinzaine de titres de ce type qui se rapportent à des sociétés étrangères. En Suisse, ce n’est toutefois pas le cas car les actions nominatives ne se prêtent pas à une telle façon d’investir.

Les cryptomonnaies poursuivent leur essor. Prévoyez-vous de développer davantage votre offre dans ce domaine?

Nous permettons déjà de négocier diverses cryptomonnaies au moyen de CFD. C’est le cas non seulement pour le Bitcoin mais aussi pour l’Ethereum ainsi que d’autres cryptomonnaies qui ont gagné en importance récemment telles que Cardano ou Tether. Dès 2022, nous lancerons la tokénisation qui rend accessibles aux clients des classes d'actifs qui, jusqu’à récemment, n’étaient abordables que pour une clientèle très fortunée. Il s’agit notamment d’investissements dans des PME et, le cas échéant, de biens matériels tels que des œuvres d’art de qualité de musée, des voitures de collection rares, des montres haut de gamme, etc. Les clients attendent d’une banque moderne comme la nôtre qu’elle offre ces actifs.

La finance durable est l’autre sujet incontournable du moment. FlowBank propose-t-elle aussi une offre spécifique dans ce domaine?

Oui, nous le faisons dans le cadre de notre offre de placements thématiques. A l’instar d’autres thèmes tels que l’innovation, la qualité suisse ou les énergies renouvelables, FlowBank propose aussi un onglet consacré spécifiquement à l’investissement durable.

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