BBVA inculpée pour corruption dans une affaire d’écoutes

AWP

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Début juillet, neuf anciens ou actuels dirigeants ont été inculpés pour les mêmes délits présumés. Ils auraient utilisé des écoutes pour empêcher un investisseur indésirable d’entrer au capital.

La deuxième banque espagnole BBVA a été inculpée lundi pour corruption dans une affaires d’écoutes illégales de personnalités du monde économique et politique, a-t-on appris de source judiciaire.

«Le tribunal inculpe BBVA de corruption et révélation de secrets», a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’Audience nationale, haut tribunal chargé des affaires financières.

Début juillet, neuf anciens ou actuels dirigeants de la banque ont été inculpés dans cette même affaire pour les mêmes délits présumés. Ils auraient utilisé des écoutes pour empêcher un investisseur indésirable d’entrer au capital de BBVA.

La banque avait admis en janvier avoir eu recours aux services du groupe Cenyt, dirigé par le sulfureux commissaire José Manuel Villarejo, au coeur d’une multitude d’affaires qui ont secoué les hautes sphères du pays, jusqu’à la famille royale.

Pendant des années, cet ancien policier, sous les verrous depuis novembre 2017, a enregistré à leur insu ses conversations avec des dirigeants politiques, magistrats et chefs d’entreprise, et est accusé de s’en être servi pour les faire chanter.

Selon la presse espagnole, BBVA aurait eu recours aux services du policier en 2004 et aurait eu accès à des milliers d’écoutes téléphoniques de journalistes et de personnalités haut placées du monde politique et économique dans le but d’empêcher que le groupe de BTP Sacyr entre à son capital.

Le fait d’avoir employé ce policier peut être qualifié de «corruption active de fonctionnaire» en raison de «l’incompatibilité» de sa fonction avec les activités de sa société Cenyt, avait indiqué mercredi le parquet spécial anti-corruption dans un communiqué.

En outre, certains dirigeants de BBVA faisant l’objet de l’enquête «auraient reçu des cadeaux de Cenyt afin de faciliter certains contrats», selon le parquet.

En janvier, la banque, qui a ouvert une enquête interne sur l’affaire, a nié avoir «trouvé la moindre documentation reflétant la surveillance et l’interception de communications privées».

Mais l’affaire a obligé Francisco Gonzalez - à la tête de BBVA de 2000 à 2018 après avoir été numéro un depuis 1996 d’Argentaria, banque ayant fusionné avec Banco de Bilbao y Viscaya pour donner naissance à BBVA -, à démissionner début 2019 de tous ses postes, y compris honorifiques, au sein de la banque.

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