Suivi de Publicis par Bordier

Daniel Pellet, Bordier & Cie

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En dépit de ce deuxième trimestre particulièrement difficile, Publicis a réitéré ses perspectives 2018. La croissance organique devrait être donc supérieure à celle de 2017.

Grosse déception ce matin pour l’agence publicitaire française et internationale Publicis! En effet, le groupe a publié une croissance organique négative de ses revenus au T2 (-2,1% a/a), alors que le consensus tablait sur une hausse de 1,1%. Pour le S1, la croissance organique s’affiche à -0,4% (vs consensus à +1,4%). Plus positif, le groupe a réitéré ses perspectives 2018, soit une progression des revenus 2018 supérieure à 2017 (>+0,8%) et compte maintenir la progression de sa marge opérationnelle de 30 à 50bps/an d’ici à 2020.

Publicis annonce, pour son T2, des revenus nets de 2,2 milliards d'euros, soit -2,1% a/a en organique (vs +1,1% attendu), après un T1 2018 de +1,6%. Sur l’ensemble du S1, la croissance organique des revenus nets est de -0,4% (vs consensus à +1,4%) à 4,3 milliards d'euros. La marge opérationnelle au S1 (après intégration de la norme IFRS16) résiste à 14,4%, soit 611 millions d'euros, en ligne avec les attentes. Le BN retraité du semestre atteint 301 millions d'euros.

Cette déception provient pour l’essentiel de deux effets conjoncturels (effets de base négatifs et implémentation de la loi sur la protection des données GDPR en Europe) et d’un raté opérationnel (baisse des revenus dans les activités liées à la santé aux Etats-Unis).

Par zone, l’Europe enregistre un recul sensible en organique (-3,6% a/a au T2 à 641 millions d'euros), impactée négativement par la mise en place de la loi sur la protection des données qui a retardé le lancement de certaines campagnes publicitaires. Pour la zone, les effets de base ont été également très pénalisants (revenus en hausse de +3,2% au T2 2017), sans oublier la perte du budget Toyota.

Du côté US, les revenus nets reculent de 2,3% en organique à 1,18 milliard d'euros au T2. Sur ce marché, ce sont pour l’essentiel les décalages de contrats dans la santé qui ont impacté négativement ces résultats. L’Asie-Pacifique est également à la traîne (revenus en baisse de 2,1% a/a à 224 millions d'euros), essentiellement à cause de l’Australie (-11%) et de la fin du contrat avec le call center de Qantas, compensé partiellement par le retour de la  croissance en Chine. Ailleurs, ça va nettement mieux: zone Latam (+7,2% a/a); Afrique & Moyen Orient (+4,5% a/a).

En dépit de ce deuxième trimestre particulièrement difficile, Publicis a réitéré ses perspectives 2018. La croissance organique devrait être donc supérieure à celle de 2017 (>+0,8%), grâce à un second semestre qui devrait être nettement meilleur (attendu par le consensus à +2%), avec l’impact positif des gains de budgets médias du S1, dont Daimler, Carrefour, Marriott, Macy’s ou encore Campbell Soup. Le groupe conserve ses objectifs en matière de marges (+30 à 50bps/an d’ici à 2020) et table sur une accélération de sa croissance organique à 4% à partir de 2020. La valorisation du titre demeure très modérée (~11x pour 2019e et ~10.5x pour 2020e).

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