Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Raiffeisen Suisse CIO Office

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Les primaires de l’Iowa ont tourné au désastre pour les démocrates. Entretemps, le coronavirus continue de se propager.

Un désastre pour les primaires dans l’Iowa chez les démocrates qui aspiraient à un signal de départ pour reconquérir la Maison Blanche au mois de novembre. Hélas, l’événement s’est transformé en une véritable débâcle. Des problèmes et des irrégularités lors du décompte des votes ont entraîné un retard massif dans l’annonce des résultats. Ce fut, bien sûr, un purrégal pour le président américain Donald Trump qui n’a pas manqué de twitter une volée de commentaires cinglants, tout en évoquant qu’il s’agissait d’un «désastre complet» et que «les démocrates veulent diriger le pays mais ne parviennent même pas à mener une élection correctement». Bien entendu, les candidats démocrates à la présidence étaient tout sauf contents... eux qui avaient espéré un départ dynamique pour le prochain marathon électoral. En plus, les résultats finaux ont failli passer ni vus ni connus dans les tourbillons de sillage, maisils ont fini par donner lieu à un certain nombre de surprises: le grand gagnant est Pete Buttigieg, âgé d’à peine 38 ans. En effet, 26,2% des votes sont allés à l’ancien maire de la petite ville de South Bend dans l’Indiana, clairement considéré comme un intrus. Buttigieg a largement devancé les favoris les plus cités comme Bernie Sanders (26,1%), Elizabeth Warren (18,2%) et Joe Biden (15,8%). La deuxième grande surprise a été le mauvais résultat de Joe Biden. Biden, qui a occupé le poste de vice-président sous l’administration Obama et qui possèdel’expérience politique adéquate, était donc considéré par tout le monde avoir la meilleure chance de battre Donald Trump le 3 novembre. Mais, les accusationsfaites à l’encontre de son fils Hunter Biden concernant des affaires potentiellement louches en Ukraine, semblent avoir constitué un (trop) gros fardeau. Il est cependant encore beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Les élections primaires dans les autres Etats américains apporteront sans doute aussi leur lot de surprises: le suspens est ainsi garanti. Les démocrates ne peuvent toutefois plus se permettre beaucoup de faux pas comme ceux dans l’Iowa, sinon Donald Trump pourra d’ores et déjà se réjouir à l’idée de passer encore quatre années à la Maison Blanche.

Le coronavirus continue de se propager. Alors qu’aux Etats-Unis, tout tourne autour des élections, les gens en Chine et en Asies ont surtout préoccupés par le coronavirus qui ne cesse de se répandre. En effet, près de 30’000 personnes dans le monde ont été infectées et le nombre de décès a récemment dépassé la barre des 500. Plusieurs villes de la province de Hubei en Chine, soit un total de près de 50 millions d’habitants, sont quasi totalement coupées du monde. Depuis que la plupart des compagnies aériennes ont cessé leurs vols vers et depuis la Chine, le tourisme s’est, lui aussi, presque complètement tari. Le coronavirus laissera ainsi clairement des traces indélébiles sur le plan économique. Selon nos calculs, le taux de croissance de l’Empire du Milieu – après tout, la deuxième économie mondiale – devrait ralentir d’un point de pourcentage pendant le trimestre en cours. Les Bourses de Shanghai et de Shenzhen ont également réagi en baissant fortement en début de semaine, après la pause du Nouvel An chinois. L’indice CSI 300 a perdu près de 9,7% lundi. Les marchés boursiers en Asie se sont redressés suite à l’aimable assistance de la Banque centrale chinoise (PBoC) permettant d’éviter le pire grâce aux réductions des taux directeurs et à l’apport de liquidités. En Europe et aux Etats-Unis aussi, les marchés boursiers ont repris l’ascen-seur. La nonchalance des investisseurs est étonnante et nous incite à rester prudents à court terme. Après un mois de janvier très mouvementé, le mois de février ne devrait en effet pas être moins volatil.

Graphique de la semaine

L’indice des directeurs d’achat Markit s’est établi à 51,3 points en janvier, soit une légère amélioration par rapport au mois précédent (50,9). Cela laisse entrevoir une stabilisation économique pour la zone euro. Les conséquences du coronavirus n’ont toutefois pas encore été pleinement prises en considération, ce qui n’est pas de bonne augure pour les chiffres du mois de février.

GROS PLAN

Migros vend Globus. Migros continue à alléger son portefeuille. Vendue pour plus d’un milliard de francs à un consortium, la chaîne de grands magasins Globus passe en mains thaïlandaise et autrichienne respectivement Central Group et Signa Holding. La consolidation du commerce de détail suisse se poursuit.

LE PROGRAMME

Un dimanche de votations. Le 9 février, le peuple en Suisse se prononcera notamment sur l’initiative «Davantage de logements abordables» qui vise à instaurer un quota de 10% pour la construction de logements sociaux et aussi permettre aux cantons et aux communes d’introduire un droit d’achat prioritaire sur des terrains mis en vente (droit de préemption).