Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Raiffeisen Suisse CIO Office

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Les marchés des actions affichent des corrections plus qu’attendues et plus que saines. Les cours pourraient baisser de 4 à 6% ces 4 à 8 prochaines semaines.

Motif de correction. Ces dernières semaines, nous avons de plus en plus mentionné l’analyse technique, en surchauffe, des marchés des actions, ainsi que le moral positif, voire euphorique, des investisseurs. La correction était plus que nécessaire, à nos yeux - il n’en manquait que le déclencheur. C’est chose faite avec le virus du corona en Chine, qui se propage de plus en plus vite depuis mi-janvier, et qui ravive le souvenir de la pandémie du SRAS en 2002 / 2003 auprès des investisseurs. A l’époque, l’infection pulmonaire avait entraîné non seulement un ralentissement conjoncturel en Asie, mais aussi un net repli du marché des actions.

Les préoccupations économiques semblent tout à fait justifiées à première vue, compte tenu de l’importance actuelle de la Chine pour l’économie mondiale. En effet, l’Empire du milieu représente 17% de l’économie mondiale, aujourd’hui, contre 4% à l’époque, l’économie chinoise ayant perdu un point entier de pourcentage de croissance en 2003, en raison du SRAS. Si la maladie dans le cas présent s’avérait aussi dangereuse que le SRAS il y a 17 ans, elle aurait des répercussions mondiales cette fois-ci. Ce scénario négatif est toutefois peu probable selon les informations de ces derniers jours. D’une part, les autorités chinoises agissent plus rapidement et communiquent plus ouvertement cette fois-ci qu’à l’époque. D’autre part, le taux de mortalité en particulier est cette fois-ci nettement inférieur, à 2-3% contre 10%, à l’époque. Dans le scénario principal, la maladie pulmonaire transmise parle coronavirus restera un phénomène local – et donc seulement une anecdote pour les marchés financiers. Les investisseurs devraient bientôt s’occuper de questions plus importantes, sans que cela change grand-chose à la nécessité d’une correction des actions.

Par exemple, si l’on regarde l’écart de l’indice US S&P500 par rapport à sa moyenne sur 200 jours, il est aussi important et surproportionné qu’il y a deux ans, où un février très faible suivit un janvier boursier très fort. De nouvelles baisses de cours de 2 à 4% seraient nécessaires afin de réduire la situation actuelle de surachat des indices des actions dans une certaine mesure. Une certaine retenue est donc tout à fait de mise à l’heure actuelle en ce qui concerne les nouvelles acquisitions en actions. Les investisseurs tactiquement avertis peuvent également profiter d’une prise de bénéfices pour certains titres.

La Fed toujours en quête d’inflation. La réunion de janvier de la Fed n’a pas vraiment été spectaculairecette semaine. Malgré la menace du coronavirus, Jerome Powell a laissé entrevoir des perspectives constructives dans l’ensemble pour l’économie mondiale. Comme le prévoyaient la majorité des analystes, les gardiens de la monnaie n’ont procédé à aucune modification des taux directeurs. Or, les banquiers centraux US s’inquiètent encore concernant la situation économique au pays: l’inflation est récemment restée bien en deçà de l’objectif de 2%, et ne semble pas bouger. Powell a réitéré que la Fed mettra tout en œuvre pour lutter contre une tendance baissière de l’inflation dans le monde, afin d’éviter une spirale infernale et des attentes en ce sens, qui a déjà frappé d’autres pays. S’agissait-il d’un signal clair de la Fed qu’elle songerait à abaisser davantage ses taux directeurs? Quoi qu’il en soit, les marchés financiers intègrent actuellement une telle mesure pour cette année. Pour l’instant, nous en restons à notre attente selon laquelle la Fed ne touchera pas aux taux directeurs en 2020, mais pen-sons en même temps que la solution defacilité en ce qui concerne les taux présente une tendance baissière.

Graphique de la semaine

L’offre et la demande régulent le prix – cela s’applique également au Baltic Dry Index, l’indice des prix pour le transport maritime de vrac sec, comme le charbon ou le minerai de fer, qui est également considéré comme un baromètre de l’économie mondiale et qui a diminué de près de 80% depuis l’automne 2019, notamment en raison de l’effondrement des exportations de minerai de fer du Brésil et de la baisse (saisonnière) de la demande de Chine.

GROS PLAN

Apple dépasse les attentes. L’adieu à l’iPhone semblait prématuré: le géant américain de la technologie Apple a réussi à augmenter ses ventes et ses bénéfices de 9% et 11% respectivement au T42019. Le bénéfice par action a même augmenté de 19%. Les prévisions des analystes ont donc été nettement dépassées.

LE PROGRAMME

Indices des directeurs d’achat. La première publication des enquêtes mensuelles auprès des directeurs d’achat en Suisse, dans la zone euro et aux USA en 2020 sera au programme de la semaine prochaine. Les investisseurs espèrent y déceler des signes de stabilisation économique supplémentaires.