Acquisitions et croissance organique ont porté Richemont en 2018/19

AWP

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Les résultats se sont envolés, mais manquent toutefois les prévisions des analystes. Le titre termine quand même en nette hausse.

L’engagement de Richemont dans la vente en ligne aura marqué l’exercice 2018/19 du groupe genevois, clos fin mars. Le gestionnaire de marques de luxe a acquis les plateformes Yoox Net-a-Porter et Watchfinder, ce qui a permis de doper les recettes. Bien qu’améliorée, la rentabilité n’a pas répondu aux attentes.

Le chiffre d’affaires s’est inscrit à 13,99 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de 27% sur un an, indique Richemont vendredi. La croissance organique - hors Yoox Net-a-Porter et Watchfinder - a atteint 8,0%, au-delà du consensus AWP qui s’attendait à 7%. Les ventes sont légèrement meilleures que prévu.

La croissance des ventes est flatteuse, mais sa qualité est plus mauvaise que prévu, affirme la Banque cantonale de Zurich.

La progression des ventes est constatée dans toutes les régions, avec une hausse de 20% en Asie/Pacifique et 40% sur le continent américain, explique le communiqué. La croissance reste supérieure à 10% dans ces deux régions en excluant les acquisitions. L’Asie et les Amériques contribuent à plus de la moitié de recettes du groupe.

Lors d’une conférence téléphonique, le directeur général Jérôme Lambert a affirmé que le litige commercial entre la Chine et les Etats-Unis n’a pas eu d’impact notable sur la marche des affaires dans l’Empire du Milieu.

En Chine, les recettes ont augmenté de 15%. Les achats effectués par des touristes chinois en vacances ont progressé encore davantage, malgré une évolution défavorable du yuan.

En Europe, la croissance organique s’est fixée à 1% (+37% avec acquisitions). Le Vieux Continent représente 29% du chiffre d’affaires de Richemont. La crise des gilets jaunes en France et les incertitudes liées au Brexit au Royaume-Uni ont pesé sur l’évolution des affaires dans cette région.

Yoox Net-a-porter (YNAP), plateforme de vente en ligne d’articles de luxe, est consolidé depuis le 1er mai 2018, contre le 1er juin 2018 pour le site horloger Watchfinder. Désormais regroupées sous l’unité Online distributors, les deux entités ont généré des recettes de 2,11 milliards d’euros. Le résultat d’exploitation (Ebit) est négatif, à hauteur de 264 millions.

Pour Vontobel, la perte opérationnelle subie par les deux plateformes est clairement décevante.

Joaillerie rentable

Les boutiques de joaillerie (Jewellery Maisons) ont livré la performance la plus solide, affirme le président Johann Rupert, cité dans le communiqué. Véritable fer de lance du groupe genevois, la marque Cartier a notamment bénéficié du lancement d’une nouvelle ligne.

Cette activité contribue quasi intégralement au résultat d’exploitation (Ebit) du groupe, à hauteur de 2,23 milliards. Elle apporte plus de la moitié du chiffre d’affaires de Richemont, soit 7,08 milliards.

Le domaine horloger (Specialist Watchmakers) a connu une croissance de 10% du chiffre d’affaires, à 2,98 milliards. L’Ebit a bondi de 44%, à 378 millions. L’unité «Others» a plongé encore davantage dans les chiffre rouges.

L’Ebit du groupe a grappillé 5% à 1,94 milliard d’euros. Un gain après impôts de 1,38 milliard liés à la revalorisation des actions YNAP a permis une envolée (+12,8%) du bénéfice net, qui a atteint 2,79 milliards. Ces résultats demeurent inférieurs aux attentes.

Le conseil d’administration propose un dividende de 2,00 francs par action, contre 1,90 franc auparavant. Les analystes s’attendaient à davantage (2,07 francs). L’assemblée générale du 11 septembre tranchera.

Aucune prévision chiffrée n’est fournie pour l’exercice en cours.

Après avoir navigué en zone déficitaire à l’ouverture, le titre Richemont s’est repris en fin de matinée. La nominative a terminé la séance en hausse de 2,8% à 73,10 francs, dans un indice SMI quasiment à l’équilibre (-0,02%).