Les marchés émergents toujours à la peine

Jocelyn Jovène, Morningstar

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La remontée de l’aversion au risque, les tensions commerciales, l’inversion de la courbe et des fondamentaux moribonds expliquent le désamour des investisseurs.

Rien ne va plus pour les marchés émergents. Au cours du mois écoulé, la classe d’actifs a chuté de près de 7% contre un repli de «seulemen» 4% pour les Bourses des pays développés. Depuis le début de l’année, les Bourses émergents sont en territoire positif (+5%) mais sont très en retard sur les pays développés (+17%).

Les explications sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, l’escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Pour les investisseurs, les chinois sont clairement perdant. L’indice Morningstar China a cédé 6,7% au cours du mois écoulé contre un repli de 4,2% pour la Bourse américaine. Depuis le début de l’année, la première gagne 8,6% quand la seconde bondit de 20,5% (données au 28 août).

Ensuite, l’inversion de la courbe des taux d’intérêt, historiquement annonciatrice d’une récession de l’économie américaine, reflète une augmentation de l’aversion au risque. JPMorgan estime ainsi que la probabilité d’une récession est de 45%, reflet de la détérioration du sentiment des consommateurs américains et de la révision en baisse des prévisions de croissance des profits des entreprises.

L’annonce en juillet d’une première baisse des taux de la Fed, qui pourrait être suivie d’autres baisses, la perspective d’une politique économique très accommodante avant les élections présidentielles de 2020, a réussi jusqu’ici à éviter une correction boursière plus brutale.

Les investisseurs doivent-ils toutefois sortir définitivement des actions émergentes? Pour certains stratégistes, cela pourrait être une erreur. Les stratégistes de JPMorgan observent dans une note datée du 26 août que lors des précédentes inversions de la courbe américaine, les actions émergentes ont en fait progressé au cours des 12 à 24 mois suivant l’inversion de la courbe.

Les performances entre pays sont toutefois contrastées. Si les marchés chinois, indien, malaisien, mexicain, polonais philippin ont rebondi par la suite, les Bourses coréenne, thailandaise, taiwanaise ou turque ont, elles, reculé.

D’où l’intérêt de faire appel à des gérants actifs qui peuvent aller chercher des sources d’alpha sur les marchés.

Dans l’univers des actions émergents, les analystes notent positivement 249 fonds actions. Si l’on regarde les fonds les moins chers et qui affichent un historique de performance favorable (premier quartile sur 1, 3 ou 5 ans), plusieurs gérants se distinguent.